Johanne Johnson
Johanne Johnson

Un nouveau procès pour une femme accusée du meurtre de son mari en Gaspésie

Isabelle Mathieu
Isabelle Mathieu
Le Soleil
Une femme de Gaspésie, Johanne Johnson, déclarée coupable du meurtre non prémédité de son mari James Dubé, aura droit à un second procès. La Cour d’appel estime que la juge du premier procès a commis une erreur dans la présentation au jury de la déclaration d’un témoin important.

Johanne Johnson, 58 ans, a été déclarée coupable en avril 2016 du meurtre commis 18 ans plus tôt.

Le 30 avril 1998, le pêcheur de homard James Dubé a été abattu d’une balle de carabine de calibre 22 à la tête alors qu’il faisait une sieste sur le divan du salon dans sa maison de Grande-Rivière, dans la région de Percé. 

Johanne Johnson avait été arrêtée seulement en 2013, au terme d’une opération d’infiltration de type «Mister Big». La dame avait avoué le meurtre de son mari au chef de cette fausse organisation criminelle, personnifié par un policier. 

Elle a été accusée de meurtre commis avec préméditation.

Au procès, elle a dit avoir confessé un meurtre qu’elle n’avait pas fait parce qu’elle craignait pour sa sécurité. L’accusée disait aussi avoir été battue durant plusieurs années par James Dubé.

Condamnée à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 11 ans, elle a fait appel du verdict.

Un manque de directive

Le plus haut tribunal du Québec vient de lui donner raison et d’ordonner un nouveau procès sur un point bien précis.

La juge de la Cour supérieure qui a entendu le procès a commis une erreur, disent les juges, dans la présentation aux jurés de la déclaration de la fille de l’accusée. 

Jackie Dubé, témoin crucial de la poursuite, avait lu durant le procès des observations sur le comportement de sa mère ainsi que relaté des aveux faits par Johanne Johnson après l’arrestation.

Selon la Cour d’appel, il aurait fallu que la juge justifie l’admissibilité en preuve des notes de la fille et donne des directives précises au jury. «Conjugués, ces deux erreurs emportent un risque de préjudice évident, écrit la Cour d’appel. Leur effet cumulatif est loin d’être mineur et son influence sur les délibérations du jury est incalculable. Sans ces erreurs, il n’est pas possible de conclure avec certitude que la preuve présentée contre l’accusée était à ce point accablante qu’il aurait été impossible de rendre un autre verdict.»