Le projet Samara est porté par Gérald Désourdy et ses enfants, Charlotte, Benoit et Antoine.
Le projet Samara est porté par Gérald Désourdy et ses enfants, Charlotte, Benoit et Antoine.

Un mégaprojet de 300 M$ à Bromont

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Le projet Samara est un nom qui devrait résonner à Bromont au cours des années à venir. Les promoteurs comptent notamment ériger sur le site de 41 hectares, à proximité du Centre national de cyclisme, près de 600 unités d’habitation ainsi qu’une école secondaire privée. Tout ceci à quelques pas de plusieurs kilomètres de sentiers au cœur d’une nature luxuriante.

« L’esprit qui nous anime, c’est de faire un ajout pour toutes les générations de la société bromontoise. Entre autres en permettant de faire le lien entre le vélodrome, le Vieux-Village et les commerces », a résumé Gérald Désourdy, qui porte le mégaprojet avec ses enfants Antoine, Benoit et Charlotte.

La portion domiciliaire du projet doit se décliner en trois phases. Celles-ci pourraient s’échelonner sur une vingtaine d’années. On y retrouvera des résidences unifamiliales, des jumelés, des habitations en rangée ainsi que des bâtiments à logements multiples (8, 12 et 14), pour un total estimé à 587 unités. La première phase sera située à proximité de la rue Shefford (route 241) et doit regrouper environ 400 unités. Une résolution générale de principe a été entérinée par les membres du conseil, lundi, permettant ainsi au promoteur de déposer une demande de certificat d’autorisation auprès du ministère de l’Environnement. Les travaux pourraient ensuite être lancés après avoir eu l’aval des élus. « Dans le meilleur des mondes, on voudrait commencer la construction dès le printemps 2021 », a mentionné M. Désourdy.

Selon ce dernier, greffer une école secondaire au projet Samara était « incontournable ». « La municipalité grandit et on croit qu’une école secondaire, c’est important pour la communauté. D’ailleurs, elle ferait partie de la phase initiale », a-t-il fait valoir. L’homme d’affaires dit être en pourparlers avec deux organisations en ce sens.

Sécurité et accessibilité

Les promoteurs veulent favoriser le transport actif chez les futurs résidents du projet. À ce chapitre, l’idée d’y intégrer un parc de tricycles électriques devrait trouver écho. « C’est important que les personnes âgées demeurent actives tout en respectant l’environnement. On veut donc que les gens puissent faire leurs emplettes au Vieux-Village et dans les commerces à proximité, en toute sécurité, sans sortir leur voiture », a cité en exemple Gérald Désourdy.

De plus, les citoyens pourront accéder, « à la porte », à environ 15 km de sentiers dans un parc en pleine nature, qui aura des ramifications avec le réseau municipal. « L’idée, c’est qu’autant des personnes âgées que des élèves puissent bouger et se déplacer en toute sécurité dans les sentiers », a mentionné M. Désourdy.

Après des années à réclamer la diminution de la limite de vitesse sur la route 241 près du Centre national de cyclisme (CNCB), la municipalité de Bromont a récemment eu gain de cause. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a ainsi fait passer la vitesse maximale de 90 km/h à 70 km/h. Étant donné l’ampleur du projet Samara, le dossier devrait refaire surface, estime le promoteur. « Avec l’affluence qu’amènera le futur vélodrome et notre projet, qui devrait regrouper environ 2000 personnes, en plus des élèves de l’école secondaire, on croit que le MTQ devrait diminuer la limite de vitesse à 50 km/h. »

Partenariats

La réussite du projet Samara est aussi liée à de nombreux partenariats. « Arrêtons de faire les choses en silo. Pour faire grandir Bromont, on doit travailler avec les gens de la communauté pour répondre aux besoins de la population », a lancé M. Désourdy.

En ce sens, des discussions sont en cours avec l’équipe du CNCB pour que les élèves de l’école puissent utiliser les équipements du futur centre multisports. « Ça éviterait d’avoir à construire un gymnase », a indiqué le promoteur. Le projet Samara pourrait également offrir des résidences aux cyclistes qui s’entraînent au vélodrome intérieur.

Le vaste site pourrait également accueillir la coopérative d’habitation pour aînés. C’est du moins le souhait de M. Désourdy. « Ce sont des gens âgés, moins fortunés, mais qui pourraient bénéficier d’un site exceptionnel », a-t-il dit. L’initiative prévoit la construction d’un immeuble de 30 logements. Du nombre, 15 seront dédiés à une clientèle ayant un revenu modique, tandis que l’autre moitié pourra être louée par des gens dont les revenus sont « dans la moyenne ». Une offre d’achat pour un terrain dans la phase initiale a été déposée en décembre, a confirmé André Fournier, président du conseil d’administration du projet d’habitation pour aînés, baptisé Espace bromontois - coop de solidarité. Les discussions entre les deux parties sont en cours pour en arriver à une entente.

Or, la coop d’habitation a besoin d’une cuisine. Idem pour le centre Marguerite-Dubois à Bromont et la future école secondaire pour sa cafétéria. « Encore une fois, on veut favoriser un partenariat en ayant une cuisine commune. Ce sera gagnant pour tous », a fait valoir M. Désourdy.

Environnement

Un vaste bassin de rétention sera aménagé sous la forme d’un étang. « Il y aura de la faune et de la flore qui s’installera. L’eau sera traitée et retournée à la rivière Yamaska. »

Le vaste site comportera des aires protégées totalisant 14 hectares. Le déboisement y sera réduit « au maximum », a assuré Gérald Désourdy. Une pépinière privée doit par ailleurs voir le jour sur le site. « La phase 1 est dans un champ. Avec notre projet de pépinière, on veut faire grandir des arbres tout de suite pour commencer à rajeunir la forêt dans les secteurs où on aura à en couper. » Le promoteur estime que près de 80 % du couvert forestier actuel pourra être préservé. « À la fin du projet, on aura plus d’arbres qu’il y en avait initialement. »