Un infirmier auxiliaire a été radié 15 mois pour des gestes et propos à caractère sexuel sur deux collègues féminines.

Un infirmier radié 15 mois pour des gestes sexuels

Frédéric Blouin, un infirmier auxiliaire de 46 ans qui travaillait dans une résidence pour personnes âgées de Chicoutimi, a écopé de quatre peines de radiation, pour un total de 15 mois, pour avoir tenu des propos et posé des gestes à caractère sexuel sur deux collègues féminines et avoir tenu des propos menaçant la stabilité de leur emploi.

Il a plaidé coupable à quatre chefs le 12 mars lors d’une audience devant le Conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec.

La suggestion commune a mené à des radiations temporaires de 9, 15, 9 et 15 mois à être purgées de façon concurrente.

Les plaintes avaient été déposées le 7 septembre 2018.

Il n’est plus membre de l’Ordre, mais il est écrit qu’il souhaitait « réintégrer la profession rapidement ». Sa radiation ne prendra effet que lorsqu’il redeviendra membre en règle.

Les faits reprochés sont en lien avec deux collègues, nommées Mme A et Mme B, et ont eu lieu au cours de l’année 2017, où il finira par démissionner le 5 septembre.

« Mme A occupe un poste de préposée aux bénéficiaires de soir au Manoir A. Entre janvier et février 2017, M. Blouin est amical avec elle et démontre de l’entraide. À compter du mois de mars 2017, petit à petit, les propos et gestes de M. Blouin sont de plus en plus déplacés. Il lui dit qu’elle est belle, qu’elle est bonne et qu’il la désire. Il l’embrasse dans le cou, lui flatte les cuisses et la prend dans ses bras. Au cours de cette même période, à plusieurs reprises, M. Blouin laisse sous-entendre à Mme A qu’elle risque de perdre son emploi, mais qu’elle avait son soutien, ce qui n’était pas le cas de l’ensemble de ses collègues ni de la direction », est-il rapporté dans la décision.


« Petit à petit, les propos et gestes de M. Blouin sont de plus en plus déplacés. Il lui dit qu’elle est belle, qu’elle est bonne et qu’il la désire. Il l’embrasse dans le cou, lui flatte les cuisses et la prend dans ses bras. »
Décision du Conseil de discipline

Le même stratagème s’est déroulé avec la seconde victime. « Mme B occupe un poste de préposée aux bénéficiaires de jour au Manoir A. En mars 2017, M. Blouin est amical et serviable. Il l’encourage régulièrement. Petit à petit, cependant, ses propos et gestes sont de plus en plus déplacés. M. Blouin dit à Mme B qu’elle est belle et qu’elle l’excite. Il l’embrasse dans le cou, lui joue dans les cheveux et lui demande de le rejoindre dans une chambre inoccupée. [...] Lorsque Mme B se laisse toucher, caresser et serrer par M. Blouin, il lui dit : ‘‘Ne t’inquiète pas, je suis derrière toi, tu ne perdras pas ton travail tant que je serai là’’. Lorsqu’elle refuse ses avances, il lui dit : ‘‘ (l’employeur) devrait faire du ménage dans les préposées’’. De plus, pour la punir de son refus, M. Blouin demande à Mme B d’effectuer des tâches ménagères non essentielles », est-il écrit.

Lors de l’audience, il a plaidé coupable, évitant ainsi aux victimes de devoir témoigner. « M. Blouin reconnaît l’ensemble des faits qu’il regrette sincèrement. Il affirme penser à ces événements chaque jour. Au moment de la commission des infractions, il affirme qu’il était en dépression majeure », indiquent les trois membres du Conseil.

Lors des plaidoyers, l’avocate du syndic « rappelle que la conduite des professionnels doit être irréprochable. Or, les patients de M. Blouin étaient en droit de s’attendre à la totalité de son attention alors que celle-ci semble avoir été consacrée à ses collègues de travail. Pour l’avocate du syndic, les collègues de M. Blouin ne méritaient certainement pas qu’il leur manque de respect. Elle souligne par ailleurs que la conduite de M. Blouin porte ombrage à l’ensemble de la profession et que ses gestes constituent des manquements graves. »

Devant une suggestion commune, il revenait au Conseil de discipline de juger si la gravité de la peine était de nature à « dissuader la récidive du professionnel et être un exemple pour les autres membres de la profession », et si la refuser équivaudrait « à déconsidérer l’administration de la justice ». Ils ont retenu que ses gestes étaient « objectivement graves ».

Frédéric Blouin a été condamné « au paiement de l’ensemble des déboursés », avec un délai de 24 mois.