Claude Poirier raconte qu’il a d’abord reçu un message de l’homme barricadé sur sa boîte vocale. L’individu disait que les policiers étaient à la porte, qu’ils voulaient rentrer et qu’ils voulaient l’arrêter. Le chroniqueur judiciaire l’a ensuite rappelé.

Un homme barricadé appelle Claude Poirier avant de se rendre

Un homme barricadé dans un logement a appelé le «négociateur», Claude Poirier, avant de se rendre à la police de Québec, mardi après-midi.

Vers 12h44, les policiers sont intervenus à l’appartement du suspect de 34 ans, sur la rue Antoine-Bédard, dans l’arrondissement de La Haute-Saint-Charles. L’homme, qui n’était pas armé, aurait tenu des propos menaçants à la suite d’un conflit avec un membre de sa famille. 

À l’arrivée des policiers, il aurait refusé de sortir et se serait barricadé à l’intérieur de son logement, où il était seul. 

Selon nos sources, le suspect a alors appelé Claude Poirier. Joint par Le Soleil, M. Poirier confirme lui aussi l’information. 

Le chroniqueur judiciaire raconte qu’il a d’abord reçu un message de l’homme barricadé sur sa boîte vocale. «Il disait : “La police est à la porte. Ils veulent rentrer! Ils veulent m’arrêter! ”»

M. Poirier l’a ensuite rappelé. «Il me paraissait en crise», décrit-il. «Je lui ai dit : “Calme-toi, première des choses. T’es dans la maison, ils sont l’autre bord de la porte. Dis-leur que t’es avec moi au téléphone.”»

Claude Poirier affirme ensuite avoir ajouté : «Tu vas leur dire que je te dis de te rendre, d’ouvrir la porte.»


« Il me paraissait en crise. Je lui ai dit : “Calme-toi, première des choses. T’es dans la maison, ils sont l’autre bord de la porte. Dis-leur que t’es avec moi au téléphone’’ »
Claude Poirier

Le suspect craignait aussi d’aller en prison, indique M. Poirier, qui affirme lui avoir répondu : «T’as pas le choix, eux autres ont un travail à faire. Ce n’est pas à travers une porte que tu vas régler ça.»

Le chroniqueur judiciaire dit qu’il a eu quatre ou cinq échanges au téléphone avec le suspect et affirme qu’il lui a suggéré de transmettre son numéro de téléphone au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). 

M. Poirier dit qu’il n’a reçu aucun appel des policiers. 

Entre-temps, vers 13h20, le SPVQ a demandé l’assistance d’un maître de chien et des paramédicaux. Quelques minutes plus tard, «un plan de mobilisation a été déclenché et plusieurs véhicules se sont mobilisés», indique Mélanie Jobin, porte-parole du SPVQ. 

Vers 14h10, l’homme de 34 ans s’est rendu aux policiers sans offrir de résistance. Il a été placé en état d’arrestation pour extorsion et a été conduit en détention, où il devait être rencontré par les enquêteurs de l’Unité des crimes majeurs du SPVQ.

Satisfait du dénouement

M. Poirier était satisfait du dénouement. «Je suis content, c’est un gars qui a besoin d’encadrement», a-t-il réagi. 

C’est loin d’être la première fois que Claude Poirier reçoit l’appel d’un suspect ou d’un criminel. Dans les années 70, notamment, des hommes recherchés pour meurtre et des preneurs d’otage ont font appel à lui afin qu’il les aide à se livrer à la police. 

Encore aujourd’hui, M. Poirier dit qu’il lui arrive à l’occasion de recevoir le genre d’appel auquel il a répondu mardi après-midi. 

Ce rôle informel d’intermédiaire lui a donné le surnom de «négociateur» et a inspiré la série télé du même nom, diffusée de 2005 à 2008.