La jeune conductrice Josianne Lebrun, coupable d'un délit de fuite causant des lésions à un piéton, écope de 90 jours de prison à purger de façon discontinue.
La jeune conductrice Josianne Lebrun, coupable d'un délit de fuite causant des lésions à un piéton, écope de 90 jours de prison à purger de façon discontinue.

Un délit de fuite vaut 90 jours de prison à une jeune conductrice

La jeune conductrice Josianne Lebrun, 20 ans, écope d’une peine de 90 jours de prison à purger de façon discontinue pour avoir fui les lieux de l’accident qu’elle venait de causer, abandonnant sur place un piéton gravement blessé.

L’accident est survenu aux petites heures du matin le 22 juillet 2017, sur le chemin Saint-Louis, à la hauteur des ponts.

Josianne Lebrun, une étudiante de 18 ans avec seulement quelques mois d’expérience de conduite, a heurté violemment un piéton, Jean-François Gendron, qui marchait sur le trottoir. Le blessé a rapidement été secouru par un ami, témoin de l’accident, et une résidente du secteur.

Le jeune homme a subi de graves blessures: fracture du crâne, hémorragie cérébrale, traumatisme crânio-cérébral, blessures à la hanche, au genou et au dos. Il a longtemps dû marcher avec une canne et a connu de lourds problèmes de sommeil.

Au procès, la jeune femme de Québec a tenté de convaincre le tribunal qu’elle n’avait jamais eu conscience d’avoir frappé un être humain. Elle croyait que sa voiture s’était endommagée en tombant dans un nid-de-poule. Le juge Sébastien Proulx de la Cour du Québec n’a pas cru son histoire et l’a déclarée coupable de délit de fuite ayant causé des lésions corporelles. L’avocat de Josianne Lebrun, Me Maxime Roy, a porté ce jugement en appel.

Les parties ont quand même réussi à s’entendre sur une peine à suggérer au tribunal; 90 jours de prison à purger les samedis et dimanches et une interdiction de conduire de deux ans.

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Exercice délicat  

Imposer une peine à Josianne Lebrun est un exercice particulièrement délicat, fait remarquer le procureur de la Couronne Me Pierre-Alexandre Bernard. 

Le crime de la jeune femme est d’avoir fui les lieux. La poursuite n’a aucune preuve que la conductrice a engagé sa responsabilité criminelle dans l’accident en prenant de l’alcool, en roulant de manière dangereuse ou en textant au volant, par exemple.

En même temps, les tribunaux doivent envoyer un message très clair aux automobilistes, ajoute le procureur de la Couronne. «Ça ne doit jamais être un avantage de quitter les lieux d’un accident», souligne Me Bernard.

Josianne Lebrun s’est rapportée aux policiers lorsqu’elle a entendu parler de l’accident dans les médias. 

Le juge Proulx a accepté la suggestion qu’il estimait raisonnable et conforme aux décisions rendues dans le passé pour des cas similaires.