Un coup de volant tragique

Simon Pelletier voulait éviter un accident; il a donné un coup de volant à la place de son ami, assis dans le siège du conducteur. La collision s’est quand même produite et l’homme est aujourd’hui coupable de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles.

Après un souper au restaurant trop arrosé le 19 février 2017 dans un restaurant de Lévis, Pelletier, 25 ans, embarque avec des amis. Rapidement, il est inquiété par la façon de conduire erratique de son ami. Il lui demande à plusieurs reprises de lui céder le volant.

À un certain moment, sur l’autoroute 20, Simon Pelletier croit voir la voiture prendre la direction de l’accotement. Il donne un coup de volant pour ramener le véhicule dans la voie.

Le conducteur perd alors la maîtrise de son auto, qui se met à tourner sur elle-même avant de finir par percuter un poteau.

Le conducteur a subi de multiples fractures. Il a été hospitalisé une semaine et a dû passer huit mois en repos à la maison, à dépendre de l’aide de sa conjointe. «Quand il a pris le volant, c’est ma vie qu’il a pris dans ses mains», a souligné le jeune homme, en contenant mal sa colère. 

Le conducteur a plaidé coupable à une accusation de conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool.

Simon Pelletier aurait pu invoquer en défense qu’il avait fait son geste avec une bonne intention et espérer être acquitté. Si sa version n’avait pas été jugée crédible par le tribunal, il risquait toutefois une peine de détention. Après avoir fait une thérapie fermée de trois mois, Pelletier a préféré plaider coupable mercredi.

La juge Johanne Roy a accepté d’imposer la suggestion commune de la Couronne et de la défense, soit une sentence suspendue durant une probation de trois ans. Simon Pelletier devra aussi faire 240 heures de travaux communautaires et faire un don de 500 $ à la victime.