Martin Caron a passé huit jours dans le coma.

Un coup de pied qui coûtera 272 500 $

Shawinigan — Martin Caron a eu gain de cause dans sa poursuite civile contre Marc-André Paquin pour la violente agression dont il avait été victime au Festival western de Saint-Tite en 2015.

Le juge Robert Dufresne vient de condamner Marc-André Paquin à lui verser 230 600 $ pour les dommages et les préjudices qu’il a subis. Et parce que les parents et la sœur de Martin Caron ont dû mettre leur vie en suspens pour prendre soin de lui pendant son hospitalisation, le juge oblige également Marc-André Paquin à verser 19 000 $ à la mère de Martin Caron, 8000 $ à sa sœur et 15 000 $ aux héritiers de son père puisque ce dernier est décédé entre-temps. Son coup de pied lui coûtera donc 272 500 $. Notons aussi que l’avocate de Martin Caron, Me Mylène L. Leblanc, a pris soin d’obtenir du tribunal que la dette à l’endroit de ses clients ne soit pas libérable par l’effet d’une faillite.

Rappelons que les événements étaient survenus dans la nuit du 17 au 18 septembre 2015 à Saint-Tite. Comme bien d’autres festivaliers, Martin Caron, alors âgé de 32 ans, avait consommé quelques bières et faisait la fête. Il avait alors croisé la route de Marc-André Paquin et une dispute avait éclaté. Ils avaient d’ailleurs dû être séparés par des proches. Alors que les gens commençaient à se disperser et que tout semblait revenu à l’ordre, Martin Caron s’était penché pour ramasser une peluche sur le sol. C’est à ce moment que Marc-André Paquin lui avait asséné un coup de pied au visage, ce qui avait eu pour effet de le faire tomber à la renverse. Il s’était fracturé le crâne sur le sol.

Martin Caron

Les blessures ont été majeures. Il avait dû passer huit jours dans le coma, subir trois opérations chirurgicales à la tête dont une pour lui installer une plaque en titanium. Il avait ensuite dû se soumettre à de longs mois de réadaptation pour tout réapprendre. Néanmoins, il doit vivre aujourd’hui avec des séquelles permanentes et a dû faire une croix sur plusieurs activités physiques et un poste qu’il convoitait au travail. Il doit désormais porter une montre indiquant son pouls afin que celui-ci n’excède pas 170. Il ne peut même plus utiliser une souffleuse à neige en raison de la vibration qu’elle produit.

Dans cette affaire, le tribunal retient que la preuve des faits mine la vraisemblance d’une action faite en état de légitime défense, tel que l’avait invoqué Marc-André Paquin. «Fuir les lieux, demeurer dans le silence et exiger le silence telle l’omerta, détruire des éléments de preuve recherchés par la police, menacer physiquement une personne témoin de la scène qui tente de nous convaincre de se dénoncer à la police, accuser de trahison la personne qui nous dénonce sont autant d’éléments importants en ce sens,» a écrit le juge dans sa décision.

Plus loin, il ajoute que Marc-André Paquin a «commis un geste insensé mû par son agressivité bien réelle comme démontré lors de son témoignage. Il n’a aucunement eu peur du demandeur puisqu’au contraire, il le repousse et l’affronte sans hésiter», a-t-il ajouté.

Marc-André Paquin a été condamné à payer 272 500 $.

Rappelons que le juge a aussi tenu compte du fait Marc-André Paquin avait été condamné en février 2018 à une peine de 12 mois de prison ferme et des travaux communautaires pour les voies de fait.

Dans la poursuite civile initiale, Martin Caron réclamait un total de 326 000 $ pour lui et sa famille.