Radié cinq ans pour des inconduites sexuelles, un acupuncteur de Québec, Luc Martineau, ne pourra pas continuer à pratiquer d’ici à ce que sa cause soit entendue en appel.

Un acupuncteur ne pourra pas pratiquer en attendant son appel

Radié cinq ans pour des inconduites sexuelles, un acupuncteur de Québec, Luc Martineau, ne pourra pas continuer à pratiquer d’ici à ce que sa cause soit entendue en appel.

L’acupuncteur de 62 ans, qui dit avoir 1200 patients et dont le cabinet est situé au coin des rues de la Reine et Saint-Anselme, a été sanctionné à trois reprises par le conseil de discipline de l’Ordre des acupuncteurs, dont il est membre depuis 1995.

En 2004, il plaidait coupable à divers chefs, dont d’être demeuré dans la salle de traitement pendant qu’une patiente se dévêtait, d’avoir eu une attitude qualifiée de séductrice et d’avoir soulevé le soutien-gorge d’une patiente sans son consentement. Il avait écopé de réprimandes et d’amendes variant entre 600 $ et 1200 $.

L’année suivante, il a été trouvé coupable d’une trentaine d’autres accusations, dont 14 ont trait à une conduite inappropriée incluant des gestes et propos abusifs à caractère sexuel envers une patiente. Il avait notamment proposé à une patiente de prendre un amant, l’avait prise dans ses bras pour tenter de l’embrasser et avait discuté avec elle de sa libido. Ces gestes avaient valu à Martineau une radiation de trois mois.

Les plus récentes accusations, qui lui ont valu sa radiation de cinq ans et 7500 $ d’amendes au mois de mars, remontent à 2015. Il a été trouvé coupable de cinq accusations, à savoir des gestes et des propos abusifs à caractère sexuel envers une patiente et d’avoir demandé à une patiente de se dévêtir sans lui donner de jaquette pour se couvrir alors qu’il demeurait dans la pièce.

Luc Martineau avait aussi trompé l’Ordre par des réticences ou de fausses déclarations et de fausses informations inscrites au dossier et utilisé une charte de couleurs non conforme aux normes de pratique généralement reconnues.

Demande de sursis

L’acupuncteur a cependant porté la cause en appel et déposé une demande de sursis d’exécution de sa radiation afin de pouvoir poursuivre sa pratique. Il remettait en question l’impartialité du conseil de discipline de l’Ordre des acupuncteurs, qu’il accuse aussi d’avoir mené son enquête par rancune professionnelle.

Il soulignait aussi ne pas avoir fait l’objet d’autres plaintes disciplinaires depuis et avoir amendé sa conduite, sortant dorénavant toujours de la salle de traitement quand ses patientes se dévêtent. 

Finalement, Luc Martineau plaidait que s’il ne pratiquait pas en attendant le verdict final, sa carrière serait terminée, sa perte de clientèle serait irréversible et qu’il perdrait ses revenus professionnels. De plus, prétendait-il, ses patients subiraient un préjudice puisqu’il les suit depuis plusieurs années et se retrouveraient sans acupuncteur du jour au lendemain.

La juge Julie Veilleux du tribunal des professions n’a cependant pas donné suite aux arguments de l’acupuncteur, notant que ses antécédents disciplinaires venaient dissiper toute hésitation à le priver de l’exercice de sa profession. «En effet, la protection du public doit avoir préséance», a-t-elle rédigé, autorisant cependant une demande de traitement accéléré du dossier.