Justin Trudeau, ici en présence notamment du Philippe Couillard (à gauche) et de l'ancien maire de Montréal Denis Coderre (au centre droit) à l'occasion du Défilé de la fierté gaie de Montréal 2017.

Trudeau présentera des excuses à la communauté LGBTQ

OTTAWA — Les Canadiens ayant fait face à des poursuites criminelles, ayant été chassés de l’armée ou congédié de la fonction publique à cause de leur orientation sexuelle recevront des excuses officielles du premier ministre avant la fin du mois.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé, sur son compte Twitter, que le gouvernement «présentera des excuses officielles en Chambre aux Canadiens LGBTQ2 pour la persécution et les injustices subies» le 28 novembre.

À partir des années 1950, le gouvernement fédéral, prenant prétexte de la sécurité nationale, avait mené une chasse aux sorcières contre plusieurs milliers de fonctionnaires, de soldats ou d’agents de la GRC à cause de leur orientation sexuelle.

Avant 1966, plusieurs Canadiens ont été reconnus coupables de grossière indécence parce qu’ils étaient gais.

Le gouvernement doit d’ici la fin de l’année déposer des mesures législatives pour gracier quiconque avait été reconnu coupable d’avoir eu des relations sexuelles consenties avec un partenaire du même sexe.

L’été dernier, Denis Coderre, alors maire de Montréal, et le chef du Service de police de la ville de Montréal, Philippe Pichet avaient présenté des excuses officielles pour les descentes policières discriminatoires et souvent violentes qui ont visé la communauté LGBTQ2+ des années 1950 aux années 1990.

«C'est merveilleux»

Victime de cette chasse aux sorcières, Martine Roy n’a pu retenir ses larmes en apprenant la nouvelle.

«C’est merveilleux, a-t-elle dit à La Presse canadienne. Même si on lutte toute sa vie pour quelque chose, on a de la misère à le croire lorsque celle-ci se réalise.»

Mme Roy n’était âgée que de 20 ans et ne comptait même pas une année d’expérience au sein des Forces armées canadiennes lorsque la police militaire l’a arrêtée dans son milieu de travail. Elle l’a amenée dans une salle d’interrogatoire, exigeant de Mme Roy qu’elle reconnaisse son lesbianisme. La jeune dame a dû se soumettre à des tests psychologiques. En moins d’un an, elle était chassée de l’armée.

Trente-trois ans plus tard, elle dit que cet événement a complètement changé sa vie. En 1992, lorsque le gouvernement fédéral a modifié sa loi, elle pensait obtenir des excuses, mais en vain.

«Cela signifie beaucoup. C’est encore plus important que ces excuses soient présentées par M. Trudeau, car on sait qu’elles seront sincères», a-t-elle commenté.