Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales, sera à Saint-Élie jeudi pour rencontrer les élus.
Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales, sera à Saint-Élie jeudi pour rencontrer les élus.

Tensions à Saint-Élie-de-Caxton: la ministre Andrée Laforest rencontre les élus jeudi

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SAINT-ÉLIE-DE-CAXTON — Le contexte difficile qui prévaut à la Municipalité de Saint-Élie-de-Caxton amène la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, à se rendre jeudi au sein de cette localité afin de rencontrer les élus, y compris le maire Robert Gauthier, dans le but de discuter de la situation et d’améliorer les choses.

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation a fait cette annonce mercredi en commission parlementaire à Québec. Elle répondait ainsi à une question de la députée libérale de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, qui s’interrogeait sur les agissements à venir du ministère des Affaires municipales à propos de ce qui se déroule dans cette localité depuis l’élection de 2017.

«Cinq élus ont claqué la porte, 15 employés municipaux, quatre bénévoles sont partis. C’est chaotique. On soulève entre autres une problématique relativement à la gestion d’un élu. Fred Pellerin a annoncé la fin de sa collaboration avec la Municipalité parce que, entre autres, il y avait un climat toxique. Une pétition a été déposée à l’Assemblée nationale par ma collègue de Verdun (Isabelle Melançon). Cette pétition réclamait le départ du maire ou, en fait, la mise en tutelle. Plus de 1000 noms étaient dans cette pétition. On est neuf mois plus tard après le dépôt. Ça ne va toujours pas mieux. La crise perdure. C’est un climat malsain, toxique. On fait quoi avec ce genre de dossier? On ne peut pas juste dire que la gestion est correcte, qu’on s’en lave les mains. On est en 2020. Tout ce qui est harcèlement, tout ce qui nécessite qu’on jette un coup d’œil, qu’on s’y implique, qu’on trouve des intermédiaires pour essayer de régler la crise, ça prend une intervention», a déclaré la députée Nichols.

«On est très, très, très près de ce qui se passe à Saint-Élie-de-Caxton, a répondu la ministre Laforest. J’ai demandé l’année passée de rencontrer les citoyens qui demandaient vraiment un changement de maire, le maire Gauthier. J’ai rencontré les citoyens, ils m’ont fait part de leurs craintes et de leurs insatisfactions. J’ai bien entendu. Il y a le côté intégrité, éthique, mais aussi administratif. Le côté administratif, ça se passe bien. Les relations humaines, c’est particulier. C’est certain que Saint-Élie-de-Caxton, c’est rare que ça se fait, mais ça va se faire parce qu’on n’a pas le choix: on va aller rencontrer les élus. Je vais y aller parce qu’on ne trouve pas ce qui ne va pas. C’est embêtant de dire aux élus: «Entendez-vous avec votre maire» et dire au maire : «Soyez plus cordial avec vos élus». Ce n’est pas ça. On entre dans les relations humaines. C’est un dossier particulier. Il faut s’entendre, il faut que ça aille bien.»

Robert Gauthier dirige un conseil municipal marqué par le départ de cinq conseillers depuis le début de son mandat à la mairie de Saint-Élie.

Mme Laforest est revenue sur les différentes interventions réalisées au fil des derniers mois par la direction régionale des Affaires municipales et par la Commission municipale du Québec. Elle a mentionné que le gouvernement suit le dossier de près, notamment par le biais du député de Maskinongé, Simon Allaire, qui présidait mercredi les travaux de la commission parlementaire. M. Allaire participera à la rencontre de jeudi.

«On est capable de rencontrer les élus. Je dis aux citoyens qu’on est avec Saint-Élie. Le maire, depuis un an et demi, doit sentir qu’on est toujours en observation, toujours en vérification. On fait ce qu’on a à faire avec Saint-Élie», ajoute-t-elle.

Concernant la demande de mettre Saint-Élie sous tutelle, la ministre Laforest a rappelé qu’une telle mesure se fait rarement et qu’il faut être prudent avant de prendre une telle direction.

Selon l’attachée de presse de Mme Laforest, Bénédicte Trottier-Lavoie, les élus de Saint-Élie sont ouverts à l’idée de discuter avec la ministre.

«On les a approchés pour la rencontre et ça n’a pas été compliqué. C’est sur une base volontaire mutuelle», précise Mme Trottier-Lavoie.