La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland
La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland

Tarifs sur l’aluminium: encore trop tôt pour parler de mesures d’aide, affirme Chrystia Freeland

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Il est encore trop tôt, selon la vice-première ministre Chrystia Freeland, pour déterminer si les sommes tirées des représailles tarifaires annoncées en réplique aux tarifs douaniers américains sur l’aluminium canadien seront utilisées pour venir en aide à l’industrie.

Plusieurs intervenants ont réclamé que des mesures de soutien dédiées à l’industrie canadienne de l’aluminium soient financées à partir des revenus perçus par la surtaxe prévue par Ottawa.

La vice-première ministre a annoncé vendredi une riposte de droits de douane totalisant 3,6 G$ sur des produits américains, en réplique aux nouveaux tarifs douaniers de 10 % sur l’aluminium primaire canadien annoncés la veille par le président Trump.

« Concernant l’idée d’utiliser l’argent qu’on aura avec nos mesures de représailles pour appuyer l’industrie de l’aluminium, je pense que c’est une bonne question, une bonne initiative, mais on ne doit pas aller trop en avance », a commenté Mme Freeland, lors d’une entrevue accordée au Quotidien lundi.

La riposte tarifaire d’Ottawa doit prendre effet le 16 septembre, un mois après l’entrée en vigueur prévue de la surtaxe américaine, le 16 août. « Je pense que c’est toujours une mauvaise idée de dépenser l’argent qu’on n’a pas encore reçu », a ajouté la vice-première ministre canadienne, en rappelant qu’une période de consultation est en cours.

Ottawa a dressé une liste de produits qui seraient ciblés par les contre-mesures. Les importations d’aluminium américain et de nombreux produits contenant de l’aluminium provenant des États-Unis y figurent.

« On appuie l’industrie »

Sans pouvoir à ce stade-ci préciser les moyens envisagés, la vice-première ministre a voulu réitérer l’appui de son gouvernement envers l’industrie de l’aluminium. « Je veux dire aux gens du Saguenay, du Lac-Saint-Jean, qu’on appuie l’industrie, qu’on va appuyer l’industrie. On va faire ça dans notre travail avec les États-Unis », a-t-elle assuré, se disant consciente de l’importance économique de cette industrie pour la région.

Mme Freeland a cependant préféré demeurer prudente, lorsque questionnée sur la création de programmes qui pourraient être dédiés à l’industrie de l’aluminium canadien. « On doit être intelligent avec notre appui pour l’industrie, car comme les gens de l’industrie du bois d’oeuvre le savent très, très bien, c’est très important que l’appui du côté du gouvernement ne puisse pas être considéré comme une subvention », a-t-elle prévenu.

Rappelons que des tarifs punitifs avaient été adoptés par Ottawa en 2018, en réplique aux tarifs douaniers de 10 % et de 25 % sur l’aluminium et l’acier canadiens imposés par l’administration Trump. Différentes mesures de soutien à l’industrie avaient été financées en lien avec les surtaxes mises en place. Les tarifs avaient été levés à la suite d’une entente conclue en mai 2019.

LES DISCUSSIONS SE POURSUIVENT

La vice-première ministre Chrystia Freeland a affirmé que les discussions avec Washington se poursuivent à quelques jours de l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers américains sur l’aluminium canadien.

Elle dit avoir espoir que les voix discordantes qui se font entendre face à la mesure annoncée par le président Trump auront un impact sur l’imposition des tarifs qu’elle juge « inacceptable » et « injuste ».

« Je pense que quand on travaille avec cette administration américaine, on doit d’un côté avoir l’espoir pour le meilleur résultat, mais d’un autre côté être prêt pour le pire », a-t-elle mentionné.

Elle a réaffirmé que l’administration Trump était selon elle l’administration américaine « la plus protectionniste » de l’histoire des États-Unis. Ces nouveaux tarifs douaniers surviennent peu après l’entrée en vigueur le 1er juillet du nouvel accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.