SXSW «encore en vie» malgré le coronavirus?

Après l’annulation du festival culturel South by Southwest (SXSW) par le maire d’Austin au Texas vendredi, un évènement «SXSW, by the people» a été créé sur Facebook. L’affichage de l’évènement invite les festivaliers à venir se rencontrer et s’inspirer à Austin du 13 au 21 mars prochain, plutôt que de se laisser effrayer par le coronavirus.

«Pour le moment, il n’y a encore rien d’officiel sur les différents canaux», précise Miriam Bard-Dumont, présidente de Noctura, qui devait elle-même se rendre à Austin au terme d’une mission commerciale avec son collègue Dave Massicotte. «Il y en a plusieurs qui disent qu’il va quand même y avoir des activités non officielles, mais c’est à surveiller dans les prochains jours.»

Les deux représentants l’entreprise Noctura à Québec ont pris l’avion vendredi matin de Montréal pour se rendre à Cancún au Mexique afin de débuter leur mission commerciale. «South by Southwest, c’était la fin d’une mission commerciale de deux semaines qui commence dès maintenant au Mexique et se termine aux États-Unis, en passant par Houston et qui se terminait à Austin», explique la présidente de Noctura.

«C’est vraiment une espèce de Mecque de la créativité, il y a beaucoup de grandes activations de marques qui se font là», affirme Miriam Bard-Dumont qui a déjà assisté au festival deux ans auparavant. «C’est vraiment un beau mariage entre la créativité et la technologie. Il y a autant des musiciens que des gens de la publicité, des industries créatives, des artistes», ajoute l’entrepreneure qui considère rencontrer les partenaires et clients potentiels qui se seront tout de même déplacés, ainsi que ceux déjà sur place. 

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«On est en train de considérer nos options pour le moment», informe la présidente de Noctura. «On a des rencontres à Houston avant la date où South by Southwest était supposé commencer, donc on va se rendre à Houston de toute façon pour ces rencontres-là.»

Annulation de festival

Une pétition pour l’annulation du festival circulait en ligne depuis au moins deux semaines, remarque Alexandre Pépin, artiste québécois résidant à Austin depuis six mois. «Quand je l’ai vu passer il y a deux semaines, il y avait environ 10 000 personnes qui l’avaient signée», témoigne-t-il.

Selon lui, bien qu’il n’y ait eu aucun cas avéré de coronavirus à Austin, c’est la perspective de recevoir les 400 000 festivaliers habituellement au rendez-vous du SXSW et provenant des quatre coins du globe qui inquiètent la population. Surtout, que les résidents ne peuvent pas échapper aux festivités de South by Southwest qui ont lieu directement dans Austin. «C’est vraiment dans la ville et je pense que c’est un peu pour ça que le monde capote», avance l’artiste inscrit à l’Université d’Austin. «T’as pas vraiment moyen de l’éviter. T’es dans le festival. Il n’y a rien à faire.»

L’Université d’Austin envoie plusieurs messages à sa communauté pour leur signifier qu’elle prend la menace du coronavirus au sérieux. En plus d’avoir mis en place de l’affichage pour sensibiliser la communauté aux bonnes pratiques d’hygiène, l’administration recommande aux personnes revenant de séjours dans certaines zones à risque de s’isoler par leur propre moyen pour une période de 14 jours avant de revenir sur le campus, écrit-on dans un message électronique envoyer aux personnes fréquentant l’établissement. L’université suggère également de remplacer les poignées de mains par des salutations verbales ou encore un «fist bump», une salutation où deux individus entrechoquent leur poing. 

Dans un plus récent communiqué envoyé à la suite de l’annulation de South by Southwest, l’Université d’Austin annonce l’annulation de son évènement annuel Explore UT event qui aurait attiré des milliers de Texans sur le campus, explique-t-on dans le communiqué.

Des activités maintenues

«J’ai l’impression que dans ce festival-là, il y a beaucoup de lieux non officiels qui ne font pas vraiment partie de la programmation du festival», ajoute Alexandre Pépin. «J’ai l’impression que ces lieux-là se sont peut-être organisés pour dire « venez quand même, on a quelque chose», suppose-t-il.

«Pour vrai, on est parti hier et mis à part une femme qui avait des gants en plastique à l’aéroport, c’est «business as usual». Les gens voyagent et ça se passe super bien. Il y a encore plein de touristes partout. Je pense qu’il y a un peu d’alarmisme autour de tout ça», observe Miriam Bard-Dumont.

«On va quand même y aller», prévoit Dave Massicotte, directeur de création chez Noctura. «On le cherche depuis notre arrivée au Mexique le virus, mais on ne le trouve pas», ajoute-t-il avec humour.