Le courtier immobilier Francis Vallée fait l’objet d’une plainte pour «comportements sexuels et/ou des propos inappropriés» envers des femmes.
Le courtier immobilier Francis Vallée fait l’objet d’une plainte pour «comportements sexuels et/ou des propos inappropriés» envers des femmes.

Suspendre le courtier Francis Vallée pour «la protection du public»

Charles-Antoine Gagnon
Charles-Antoine Gagnon
Le Droit
L’autorité en matière de courtage immobilier au Québec exige la suspension du permis du Gatinois Francis Vallée. «La protection du public et l’intégrité de la profession risquent d’être compromises» s’il continue à pratiquer, plaide la syndique adjointe de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), Julie Pinet, dans une requête au comité de discipline.

Le courtier immobilier fait l’objet d’une plainte pour «comportements sexuels et/ou des propos inappropriés» envers des femmes alors qu’il aurait été notamment dans l’exercice de ses fonctions. Il est convoqué le 8 septembre devant le comité de discipline de l’OACIQ, à Brossard.

«La plainte fait état de reproches graves et sérieux», précise la requête. Elle fait suite à des allégations de comportements qualifiés d’«inappropriés envers des femmes, dont certaines étaient ou avaient été ses clientes».

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Les faits reprochés se seraient déroulés au courant des années 2016 à 2020, indique le document. Certains d’entre eux auraient eu lieu en juin de cette année.

Selon la requête, l’intimé aurait initié l’envoi de messages textes avec certaines femmes qu’il aurait connues dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, et aurait tenu «des propos inappropriés notamment de nature sexuelle», mentionne le document de Mme Pinet.


« Les faits reprochés à la plainte sont de nature à porter atteinte à l’image ainsi qu’à l’intégrité de la profession. »
Julie Pinet

Trois présumées victimes se sont confiées au Droit. L’une d’elles a expliqué avoir fait affaire avec Francis Vallée, il y a environ quatre ans, alors qu’elle et son conjoint magasinaient une nouvelle maison.

«Au début, ça allait super bien, il était super gentil. Tout d’un coup, les petits commentaires en messages ont commencé, du genre: ‘ah, tu étais belle hier’, a partagé Caroline Murray-Daignault. Ç’a déboulé, il me posait des questions sur mon corps et me demandait si j’avais déjà eu des relations extraconjugales et si j’aimerais en avoir. C’était super malaisant.»

La syndique adjointe de l’OACIQ écrit dans sa requête qu’elle «est justifiée de croire que la protection du public risque d’être compromise si l’intimé continue d’exercer sa profession. La seule façon pour la requérante de s’assurer de la protection du public est de présenter une requête demandant l’émission d’une ordonnance de suspension provisoire».

Précisons qu’aucune des allégations contre le courtier n’a été débattue ou prouvée devant le syndic ou un tribunal.

«Les faits reprochés à la plainte sont de nature à porter atteinte à l’image ainsi qu’à l’intégrité de la profession», signale aussi Mme Pinet dans la requête.

Le président du conseil d’administration de la Chambre immobilière de l’Outaouais, François Vincent, s’est abstenu de commenter directement la plainte contre M. Vallée. Il indique que, comme dans toute profession, un mauvais cas est celui dont on entend parler.

«Il faut en parler, d’ailleurs», a d’ailleurs lancé M. Vincent, tout en précisant qu’il faut penser aux victimes et à leur famille lorsque des personnes sont la cible de comportements répréhensibles.

Deux femmes ont déposé une plainte au Service de police de la Ville de Gatineau en lien avec la démarche de l’OACIQ.

La bannière Royal LePage Outaouais a rompu ses liens avec Francis Vallée.