L’ancien maire de Saint-David de Falardeau, Jean-Yves Dufour, son fils, Éric, et son ex-employé chez HPL, Éric Gagnon, font face à des accusations criminelles en matière de fabrication de faux document et de supercherie pour un montant de 1,8 million de dollars contre Rio Tinto.

Supercherie de 1,8 M$ contre Rio Tinto

Quatre années après une perquisition de la Sûreté du Québec (SQ), des accusations de fabrication de faux documents, d’utilisation de contrefaits et de supercherie envers Rio Tinto (RT), pour un montant de 1 836 464 $, ont été déposés contre les anciens propriétaires et employés de la firme HPL Jean-Yves Dufour, Éric Dufour et Éric Gagnon.

Le Quotidien a appris que les trois hommes ont été conviés au Palais de justice de Chicoutimi le mardi 7 mai 2019 afin de répondre des accusations déposées par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Jean-Yves Dufour (66 ans), ancien maire de Saint-David de Falardeau, agissait alors comme unique propriétaire de la compagnie HPL. Son fils, Éric (37 ans), œuvrait aussi au sein de la compagnie, alors qu’Éric Gagnon (51 ans) était un vendeur de produits auprès de la clientèle industrielle.

Les trois individus auraient usé de leur stratagème à l’encontre de la multinationale Rio Tinto sur une période de plus de six ans, soit entre le 1er janvier 2009 et le 26 mars 2015, journée où les membres du Service d’enquête des crimes économiques de la Sûreté du Québec de Saguenay sont débarqués dans trois commerces de la région et un quatrième de Lanaudière.

Selon nos informations, la SQ a mené son enquête à la suite de plaintes déposées par la multinationale de l’aluminium en raison d’irrégularités dans les achats de produits pour ses usines.

Il semble que l’entreprise HPL, qui a fait faillite dans les mois qui ont suivi la perquisition de mars 2015, aurait profité des contrats qu’elle avait avec Rio Tinto pour gonfler le prix de ses produits et des factures, en plus d’avoir fabriqué de fausses factures et d’avoir obtenu des paiements en retour.

La marchandise chargée n’avait jamais été commandée, et encore moins livrée, à la compagnie.

Soupçons

Toute cette histoire a débuté lorsque des dirigeants de Rio Tinto se sont aperçus que des employés avaient bénéficié de cadeaux et de plusieurs avantages de la part d’un fournisseur de l’entreprise.

Des travailleurs, dont un cadre, avaient été congédiés, car ils avaient bénéficié de traitements de faveur.

Les employés visés avaient obtenu des avantages auprès d’Éric Gagnon, de chez HPL, comme de meilleurs prix sur des produits ou encore des cadeaux.

Rio Tinto avait été sommé de réembaucher les travailleurs à la suite d’une décision du Tribunal administratif du travail du Québec.

Le pot aux roses a été dénoncé par une source anonyme auprès d’Étienne Jacques, un ancien patron de Rio Tinto Alcan au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Mais cette histoire avait tout de même mis la puce à l’oreille de dirigeants de la multinationale. Ils ont entrepris une enquête interne et ont ensuite demandé l’aide de la SQ.

Quelque temps après, des perquisitions ont été menées. L’enquête s’est poursuivie sur une période quatre ans et un mois, jusqu’au dépôt des accusations, le 23 avril.

Les trois individus devront se présenter au Palais de justice de Chicoutimi, sauf s’ils sont représentés par un avocat.