Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Sport, Loisir et Saines habitudes de vie, Enrico Ciccone, a participé à la manifestation des étudiants-athlètes, vendredi dernier à Québec.
Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Sport, Loisir et Saines habitudes de vie, Enrico Ciccone, a participé à la manifestation des étudiants-athlètes, vendredi dernier à Québec.

Sports scolaires: Enrico Ciccone entend encore la colère

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Pendant sa carrière sportive, Enrico Ciccone veillait à la protection de ses coéquipiers. Ces jours-ci, le député libéral de Marquette à l’Assemblée nationale se porte à la défense des étudiants-athlètes ainsi que des programmes Sport-études. Il était en tournée à Trois-Rivières, mercredi, pour prendre le pouls des divers intervenants.

L’ancien dur à cuire de la LNH constate que la grogne ne s’est pas vraiment estompée sur le terrain. «L’enjeu du sport scolaire et des Sports-études n’a pas été compris par le ministre de l’Éducation. Ce que j’entends en ce moment n’a pas vraiment changé depuis jeudi dernier. Les directions d’école, les entraîneurs, les enseignants et les jeunes ont été pris par surprise avec le concept des bulles-classes», constate M. Ciccone, qui a visité les plateaux sportifs de l’UQTR et du Cégep de Trois-Rivières, en plus de rencontrer la direction de la section régionale du Réseau du sport étudiant du Québec.

«On le ressent, il y a eu un manque de communication. Je comprends le système des bulles, mais c’est difficile à appliquer et à faire respecter en milieu scolaire. Pour moi, une bulle, c’est ce qu’on voit avec la LNH, où les joueurs sont testés, dorment et mangent au même endroit. Ils restent ensemble, le bus est désinfecté chaque fois qu’ils le prennent. Dans les écoles, à 14 h 30, la bulle éclate! Nous contestons aussi l’incohérence avec le milieu du sport civil, qui poursuit ses activités, alors que le sport scolaire est interrompu jusqu’à la mi-septembre.»

Inquiet pour les programmes

Enrico Ciccone se dit préoccupé par l’avenir de certains programmes d’excellence dans le sport scolaire, que ce soit dans les écoles secondaires, les cégeps ou les universités.

«Je pense aux Patriotes en hockey. C’est beaucoup d’argent, ils ont peur de perdre des athlètes vers d’autres niveaux ou ligues, qui n’ont pas à respecter les mesures du sport scolaire. Il y a une précarité et une inquiétude.»

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de Sport, de Loisir et de Saines habitudes de vie tient à préciser qu’il n’est pas contre les bulles. Il ne cherche pas à débattre avec la Santé publique du concept des groupes-classes.

«Je ne suis pas un scientifique et la Santé publique est une institution indépendante du gouvernement. Ils prennent des décisions pour le bien-être de la société. Par contre, j’aurais aimé que le ministre Roberge comprenne mieux les enjeux reliés aux activités parascolaires. Il y a certaines régions qui s’en tirent mieux que les grands centres. J’ai eu l’impression, et je ne suis pas le seul à voir la quantité de messages reçus, que ces décisions ont été prises avec l’entourage du cabinet, sans consulter. S’il était allé sur le terrain, on aurait pu lui expliquer qu’est-ce que c’est, le Sport-études et les activités parascolaires.»

La mise au niveau des règles sanitaires dans les milieux scolaires amène également des préoccupations financières. À l’UQTR, Enrico Ciccone a remarqué que l’utilisation des vestiaires et leur grandeur posaient des défis.

«L’acquisition des machines pour désinfecter les douches et les vestiaires, ça engendre des coûts exorbitants. Le premier ministre dit qu’il est conscient que la pratique du sport est bonne pour la santé mentale et agit contre le décrochage scolaire, sauf que le budget de ces programmes n’augmentera pas!»

Cataractes: une décision saluée

En début d’année avant la pandémie, Enrico Ciccone avait critiqué le directeur général des Cataractes, Martin Mondou, dans le dossier relatif à l’interdiction des bagarres dans la LHJMQ. Lui-même un ex-matamore, Ciconne aurait aimé que les dirigeants du circuit votent en faveur de l’abolition des batailles à l’époque.

Cette fois, l’élu montréalais salue la décision de l’organisation shawiniganaise, qui logera tous ses joueurs dans une résidence durant la pandémie.

«Quand ils font quelque chose de bon, je dois le dire. L’idée de la bulle est excellente. Je sais que ça coûte beaucoup d’argent, mais je trouve que c’est un modèle qui devrait être appliqué aux autres équipes. Pour moi, on répète vraiment ce que la LNH fait. C’est ça, une bulle sanitaire. Je leur lève mon chapeau. Je trouve dommage que ça ne puisse s’appliquer partout, car les efforts des Cataractes pourraient être compromis par des bulles moins étanches.»