Dave Ainsley
La joueuse de basketball du Bleu et Or de l’École polyvalente Arvida, Sophie Bergeron, s’inquiète pour son développement, elle qui a l’ambition de poursuivre sa carrière dans les rangs collégiaux et universitaires.
La joueuse de basketball du Bleu et Or de l’École polyvalente Arvida, Sophie Bergeron, s’inquiète pour son développement, elle qui a l’ambition de poursuivre sa carrière dans les rangs collégiaux et universitaires.

Sophie veut jouer au basketball

CHRONIQUE / Comme des milliers de jeunes du secondaire à travers le Québec, la vie de Sophie Bergeron a été passablement chamboulée depuis le mois de mars. La joueuse de basketball du Bleu et Or de l’École polyvalente Arvida ressent les effets de l’arrêt de l’école et de son sport et se montre maintenant très inquiète sur son développement en tant qu’athlète.

« J’essayais d’en tirer le plus de positif, mais plus le temps passe, plus on dirait que je n’y crois plus. Tous mes plans s’écroulent », laisse tomber, lors d’une entrevue dans la cour arrière de la maison familiale, l’étudiante de secondaire 4 qui ne manque pas d’ambition.

Sophie Bergeron a commencé à jouer au basketball en 3e année du primaire et son talent a rapidement été remarqué. Après avoir fait partie du programme mini-élite pendant deux ans, elle a fait son entrée au sein du programme du Bleu et Or en secondaire 1. Au départ, ses parents étaient réticents au sport-études et elle avait opté pour le programme d’études internationales, mais après de bonnes discussions avec les responsables pour les rassurer sur les études, elle a changé son fusil d’épaule. Surclassée avec l’équipe cadette dès le secondaire 2, elle a fait sa marque en étant nommée sur l’équipe d’étoiles provinciale. L’année suivante, elle a également été surclassée au juvénile où elle a également dominé malgré son jeune âge, se retrouvant également sur l’équipe d’étoiles et terminant deuxième au vote de joueuse la plus utile.

Sophie Bergeron maintient également une moyenne générale de 92 % et veut poursuivre sa carrière sportive dans les rangs collégiaux et universitaires et se diriger dans le domaine de la santé. Pour le moment, pour elle et plusieurs autres, tout est sur pause.

« Tu travailles tout ton secondaire pour ça et quand tu y arrives, tout s’écroule et tu n’as plus de porte de sortie », exprime l’athlète de 16 ans au sujet de toute l’incertitude sur le déconfinement sportif et la possibilité d’avoir une saison normale l’an prochain, laquelle s’annonçait très prometteuse pour l’équipe féminine du Bleu et Or juvénile. Elle devait également participer à des camps estivaux élites prochainement, mais tout semble sur la glace présentement. Sophie Bergeron n’est pas de nature anxieuse, mais elle reconnaît ressentir un stress important présentement en raison de cette incertitude.

Sophie Bergeron tient la forme en solitaire depuis le début de la pandémie. Elle avoue s’ennuyer de ses coéquipières.

« C’est la saison qu’on voit depuis toujours. Pour mon recrutement, c’était ma saison pour me faire connaître et me faire voir, maintenant que j’ai pris mon plein potentiel du secondaire », met en contexte Sophie Bergeron.

« J’aimerais avoir quelque chose à quoi m’accrocher. Petit à petit, croire en quelque chose. On dirait qu’on n’a rien à se fier », mentionne-t-elle.

Depuis le début de la pause forcée, elle s’entraîne en solitaire et maintenant qu’il est permis de tenir des entraînements extérieurs, elle le fait sous la supervision de l’un des entraîneurs, Pierre-Yves Gagné, ainsi qu’avec les joueurs des Élites de Jonquière de la Ligue de hockey midget AAA du Québec, avec le kinésiologue Olivier-Samuel Doré. « J’essaie d’en tirer du positif et faire du développement personnel, mais un moment donné, c’est un sport d’équipe, convient-elle. Ça vient redondant. J’aime le basket, mais ce que j’aime le plus, c’est être avec mon équipe. Le sentiment de gagner ensemble, on ne l’a plus. »

« J’aime ça être encadrée et avoir la même routine avec l’école, le basket, les matchs la fin de semaine. Avoir de la pression, j’aime ça, et gagner. Même performer à l’école. On dirait qu’il n’y a plus rien, qu’il n’y a plus d’enjeu présentement », estime Sophie Bergeron, qui n’est pas la seule à penser de cette manière avec le manque d’encadrement actuel.

« J’ai les deux extrêmes. Certains y croient encore et sont encore crinqués, d’autres sont comme sur pause et ne savent pas trop où se situer entre les deux », raconte-t-elle au sujet de son cercle d’amies, demeurant tout de même positive pour une saison normale qui débuterait à l’automne. Sinon, elle pourrait être plus de six mois sans faire de basketball supervisé...

« J’essaie d’y croire le plus possible. J’essaie de voir le positif le plus possible parce que broyer du noir, ça ne donne rien », convient-elle, avouant qu’elle aimerait avoir de l’information plus claire des gouvernements sur les échéanciers et les annonces.

Il est dans l’air présentement de lancer une ligue régionale de basketball 3 contre 3 dans les prochaines semaines, ce qui n’est pas permis présentement, surtout en raison de la situation actuelle dans la région de Montréal. Comme d’autres membres du Bleu et Or l’avaient soulevé le mois dernier, Sophie Bergeron ressent une certaine injustice avec le peu de nombre de cas au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On a cet avantage d’être moins nombreux. On pourrait se remettre sur pied plus vite, annonce-t-elle quant au bassin de joueurs. Pour une fois qu’on a un avantage sur eux, pourquoi on ne pourrait pas en prendre le bénéfice. »