Bryan Poirier devra se trouver un nouvel avocat.

Son avocat le largue au moment de procéder

Les représentations sur sentence de Bryan Poirier, un individu qui a plaidé coupable à des accusations de voies de fait graves pour avoir étranglé et battu son ex-conjointe, devaient avoir lieu lundi, au Palais de justice de Chicoutimi, mais l’avocat qui défendait l’homme, Me Charles Cantin, a cessé de le représenter à la dernière minute.

« C’est rare que ça arrive à cette étape, mais en raison de divergences de visions dans le dossier, je ne peux remplir mon mandat aujourd’hui », a expliqué Me Cantin au juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, devant celui qui n’était plus son client. Charles Cantin n’a pas voulu faire davantage de commentaires.

Selon ce que Le Quotidien a appris, Bryan Poirier n’était pas capable d’envisager une peine d’emprisonnement. Un rapport présentenciel avait été demandé lors du plaidoyer de culpabilité en avril dernier, et les conclusions de ce rapport n’allaient pas nécessairement en faveur du quinquagénaire.

Charles Cantin ne représente plus Bryan Poirier, en raison de divergences d’opinions inconciliables.

Me Marianne Girard, qui représente le bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) dans ce dossier, était prête à réclamer une peine d’emprisonnement pour Bryan Poirier, lundi. Elle déplorait de ne pas avoir pu procéder, principalement pour la victime et ses proches.

« De notre côté, on s’était préparés pour demander un terme de pénitencier qui sera assez élevé, mais je pense surtout à la famille et à la victime qui attendent une sentence, d’avoir une décision judiciaire. [...] Un report, un changement d’avocat, ça crée des incertitudes dans le dossier. On ne choisit pas d’être une victime, c’est quelque chose qu’on subit », a-t-elle affirmé.

Bryan Poirier reviendra en cour le 8 octobre pour fixer une nouvelle date pour les représentations sur sentence. Il devra se trouver un nouvel avocat pour défendre ses intérêts d’ici là.

60 minutes d’enfer

L’agression de la victime de Bryan Poirier s’est produite le 22 juillet 2018. Selon le récit qui a été fait en cour lors du plaidoyer de culpabilité, l’homme vivait avec son ex-conjointe même si elle n’éprouvait plus de sentiments pour lui.

Bryan Poirier avait de la difficulté à accepter cette situation difficile. Il a même tenté de mettre fin à ses jours une semaine avant les faits qui lui sont reprochés. Il a agressé la victime après qu’elle ait passé une nuit à l’extérieur de la résidence qu’il partageait avec elle, à Canton-Tremblay. Le matin du 22 juillet, il lui a fait passer une soixantaine de minutes d’enfer, lui passant une corde au cou, menaçant de la pendre, et la battant sauvagement.