Simon Rousseau admet avoir violenté un bébé de 24 jours: «J’ai perdu patience et je l’ai brassé»

TROIS-RIVIÈRES — Simon Rousseau a finalement plaidé coupable à la majorité des accusations portées contre lui, dont celle d’avoir violenté un bébé âgé de seulement 24 jours en janvier 2018.

Même s’il a tenté de diminuer sa responsabilité criminelle et de se justifier, il a admis, jeudi, qu’il avait secoué un bébé au point de lui infliger des lésions corporelles. «Oui j’ai perdu patience et je l’ai brassé, je l’avoue», a-t-il déclaré. Cependant, il soutient que certaines blessures retrouvées sur l’enfant seraient plutôt imputables à une chute survenue dans les instants suivants pendant qu’il lui changeait sa couche.

Tel que l’a auparavant expliqué Me Catherine Lacoursière, procureure de la Couronne, les événements étaient survenus le 23 janvier 2018 à Trois-Rivières. Rousseau, qui avait 21 ans, avait l’enfant sous sa responsabilité en l’absence de la mère. À son retour, cette dernière avait constaté des blessures sur le visage de l’enfant et avait fait appel aux policiers.

Les examens médicaux ont plus tard révélé des ecchymoses et des pétéchies un peu partout sur le corps du bébé mais surtout, un traumatisme crânien et une hémorragie intracrânienne qui tendent à démontrer que le bébé a été secoué. Les médecins ont également relevé une fracture de l’humérus.

Lorsque Simon Rousseau avait été rencontré par les policiers, il avait nié les voies de fait et fourni différentes versions invraisemblables pour expliquer les blessures. Au terme d’une enquête, le ministère public a cependant été en mesure de l’accuser.

Jeudi, lors de son retour devant le tribunal en présence de son avocat, Me Mario Mélançon, il a reconnu avoir perdu patience et l’avoir brassé parce qu’il voulait que l’enfant arrête de pleurer. Il a notamment justifié son geste en affirmant qu’il n’avait pas dormi depuis trois semaines en raison de son travail.

Simon Rousseau

Selon Me Lacoursière, il est difficile pour l’instant de savoir si l’enfant aura des séquelles de cet épisode de violence. Les médecins ne peuvent écarter la possibilité que des conséquences se manifestent à moyen ou long terme, surtout sur le plan de la concentration.

Toujours en matière de violence, Rousseau a également plaidé coupable à des chefs de voies de fait sur une amie, voies de fait contre les policiers et d’avoir tenté de s’emparer de leur bâton télescopique, voies de fait et menaces contre des codétenus. Du coup, il s’est plaint de ses conditions de détention, disant qu’il craignait pour sa sécurité derrière les murs, surtout avec la médiatisation de ses crimes.

Il a aussi reconnu sa culpabilité à plusieurs vols de véhicules et de remorques en novembre et décembre 2018, à une tentative de fraude et à une série de bris de conditions, de promesses et de probation.

Au stade des plaidoiries sur la sentence, Me Lacoursière et Me Mélançon ont annoncé qu’ils s’entendaient pour suggérer une peine de deux ans moins un jour mais uniquement pour les voies de fait sur le bébé, et ce, avant le calcul de la détention préventive. Selon eux, cette proposition tient compte de ses nombreux antécédents en matière de violence, de l’âge de la victime, de ses blessures et de son niveau de vulnérabilité. Par contre, ils sont en désaccord sur le quantum de la peine pour tous les autres délits.

Ainsi, Me Lacoursière a proposé qu’une peine totale de quatre ans de prison soit imposée à Simon Rousseau pour l’ensemble des infractions, moins la détention préventive de 14 mois environ, ce qui équivaut à 34 mois de prison.

Pour sa part, Me Mélancon a plutôt suggéré une peine globale de 36 à 38 mois de prison. En soustrayant la détention préventive, la sentence appropriée, selon lui, serait de deux ans moins un jour.

Le juge Jacques Trudel fera connaître la sentence le 28 octobre.