Une mère de Gatineau se demande toujours comment son enfant a pu faire l’objet d’un signalement à la DPJ, alors que les « bleus » au corps du bambin étaient en fait du rouge à lèvres.

Signalement à la DPJ: les marques sur les bras étaient du rouge à lèvres

Une mère de Gatineau se demande toujours comment son enfant a pu faire l’objet d’un signalement à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), alors que les « bleus » au corps du bambin étaient en fait... du rouge à lèvres.

Sophie Lafrenière n’en revenait toujours pas, vendredi, du sort qui lui a été réservé plus tôt cette semaine.

Mardi, la responsable de la garderie où séjournait sa fille lui a envoyé des photos par messagerie texte. La responsable, de bonne foi, était inquiète de voir de telles marques rouges au corps de l’enfant.

« En recevant cela, dit Mme Lafrenière, j’ai répondu que je ne savais absolument pas ce qui s’était passé. Je me suis rendue à la garderie et mon enfant n’y était plus. C’est à ce moment que j’ai appris que la DPJ s’était déplacée à la garderie pour un cas de négligence. On m’a interdit de voir ma fille. »

La mère et le père ont été interrogés par deux représentants de la DPJ, le soir suivant le signalement. « Je leur ai même demandé si c’était du maquillage, parce que je sais que ma fille aime jouer avec cela. Et ils m’ont répondu : ‘non, non, non. Ce n’est pas cela, c’est clair. »

L’enfant a été confiée à un membre de la famille de Mme Lafrenière pour le reste de la soirée, et la nuit.

La DPJ devait faire la lumière sur cette affaire. « J’ai quand même eu un ‘accès surveillé’ à ma fille, le soir même, puisqu’elle était sous la responsabilité d’un autre adulte. »

Surprise totale

La mère a finalement pu observer son enfant. C’est alors que la surprise a été totale.

« J’ai frotté légèrement avec une débarbouillette, et c’est parti ! C’était du rouge à lèvres ‘brun mât’ ! C’était ça, les ‘rougeurs’ ! »

Le lendemain, la mère a interpellé les responsables de la garderie et de la DPJ. « La face leur est tombée ! »

La DPJ a fermé le dossier.

La responsable de la garderie n’a pas rendu nos appels, vendredi. Aucune allégation de mauvais traitement envers l’enfant ne pèse contre elle. La mère, toujours sous le choc, a retiré l’enfant de cette garderie.

La mère comprend l’inquiétude de voir de telles marques sur le corps d’un enfant. « Mais comment peut-on se rendre là ? C’est inacceptable, pose-t-elle. Tu n’enlèves pas un enfant ‘comme ça’, sans monter un dossier sérieux. J’ai passé la pire soirée de ma vie. »

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) a brièvement répondu par courriel, vendredi. « Le but de l’intervention était de protéger l’enfant afin de recueillir toute l’information et de prendre les bonnes décisions. Nous ne pouvons commenter davantage pour des raisons de confidentialité », a écrit Marie-Pier Després, agente d’information au CISSSO.