Un père d'origine colombienne condamné à sept ans de prison pour inceste et voies de fait sur ses enfants.

Sept ans de prison pour un père coupable d’inceste et de voies de fait sur ses enfants

Carlos*, un père de famille d’origine colombienne, a corrigé son fils à coups de ceinture. Un trait culturel, a-t-il précisé à la cour. Carlos admet aussi avoir forcé sa fille à avoir des relations sexuelles avec lui. Cette fois-ci, il n’ajoute aucune explication.

L’homme de 43 ans, trapu, le visage sombre, a plaidé coupable mercredi à des chefs d’inceste sur sa fille âgée de 14 ans au moment des faits. 

Pendant un peu plus d’un an, Carlos a amené son adolescente avec lui lorsqu’il travaillait à l’entretien ménager d’un centre communautaire de Québec. À plusieurs reprises, le père a eu des relations sexuelles complètes avec la jeune fille. L’adolescente a manifesté son non-consentement, précise la procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour, mais était incapable de s’opposer à son père.

Après la dénonciation, la jeune fille a amené les policiers sur les lieux des agressions. Des traces de son ADN et de celle de son père ont été trouvées sur place.

À une autre occasion, Carlos a rejoint sa fille dans sa chambre, au sous-sol, et s’est mis à la caresser, pour essayer d’avoir une relation sexuelle avec elle. L’adolescente a réussi à fuir son agresseur et à retrouver ses frères et soeurs et sa mère, à l’étage.

«On éduque comme ça»

Avant de violer sa fille, Carlos avait aussi battu l’enfant, lorsqu’elle était âgée de neuf ou 10 ans. La jeune fille se souvient avoir reçu des claques au visage et des coups de ceinture aux fesses, assez violents pour l’empêcher de s’asseoir durant quelques jours.

Le père a aussi battu son fils à au moins 15 reprises. Le garçon a confié aux policiers que son père le corrigeait à chaque fois qu’il commettait une erreur. Lorsqu’il a été suspendu de l’école à l’âge de 16 ans, son père était si furieux qu’il l’a réveillé en lui donnant une demi-douzaine de coups de ceinture dans le dos.

Lorsque la juge Johanne Roy de la Cour du Québec demande à Carlos s’il reconnaît les faits derrière les accusations de voies de fait et de voies de fait armées, le père opine. Avec l’aide de l’interprète, il veut donner quelques explications, dans la langue de Cervantes. «Ça, c’est culturel, dans mon pays, on éduque comme ça», précise Carlos, qui a un statut de résident permanent.

Son avocate, Me Dominique Cantin, lui a toutefois bien expliqué, ajoute-t-il, que les lois canadiennes proscrivent la correction physique.

Sept ans de pénitencier

L’accusation d’inceste sur une enfant de moins de 16 ans comporte une peine minimale de cinq ans de prison et celle de contacts sexuels, une peine minimale d’un an. Les avocates ont suggéré à la juge Roy d’imposer à Carlos une peine de sept ans de pénitencier, de laquelle il faut déduire l’équivalent d’un peu plus de deux ans de détention provisoire. 

Carlos a purgé près d’un an dans une prison à sécurité maximale de Colombie, son pays d’origine où il se trouvait lorsque la police de Québec a obtenu un mandat d’arrestation contre lui. Une fois les procédures d’extradition complétées, les policiers du SPVQ avaient été chercher le père de famille à Bogota en septembre 2018.

* Prénom fictif. Une ordonnance de non-publication protège l’identité des victimes.