Sylvie Camden, Amélie Lauzon et Mario Bergeron, bénévoles à la fondation Les Chatmoureux, ont réalisé le sauvetage de trois chatons qui auraient pu périr sous une dalle de béton cette semaine à Granby.

Sauvetage inusité de trois chatons

Trois chatons en mauvaise posture et un trio de bénévoles déterminés de la fondation les Chatmoureux : il n’en fallait pas plus pour qu’une opération de sauvetage soit lancée cette semaine, rue Gatien à Granby. Et, cerise sur le sundae, l’histoire connaît une fin heureuse.

« Ça a été un sauvetage intense. Je n’ai jamais creusé autant que ça », raconte l’un des bénévoles qui ont participé à l’opération, Mario Bergeron.

Accompagné d’Amélie Lauzon et de Sylvie Camden, M. Bergeron a dû creuser une ouverture assez grande dans le sol afin qu’il puisse se glisser complètement sous la dalle d’un patio en béton d’un immeuble en construction, où une chatte espagnole surnommée Cora avait décidé d’y mettre bas.

Le temps commençait à presser. La fondation les Chatmoureux avait été avisée que des travaux d’asphaltage étaient prévus à très court terme autour de l’immeuble, fait valoir M. Bergeron. Si rien n’était fait, selon lui, les chatons, qui ont reçu les noms Gato, Mario et Méo, étaient voués à une mort certaine.

Toute cette histoire a débuté par un signalement réalisé aux Chatmoureux par une résidante du secteur le 23 août dernier pour une chatte gestante errante. « On n’a pas pu la prendre parce qu’on n’avait pas de famille d’accueil. On a appris le lendemain qu’elle s’est retrouvée sous la galerie pour accoucher », explique Sylvie Camden.

Celle-ci affirme que les bénévoles des Chamoureux n’ont pas pu agir dans les jours suivants, car ils n’arrivaient pas à voir les chatons.

Cora continuait cependant à se promener dans le quartier, où une poignée de résidants ayant un faible pour les félins veillaient à l’approvisionner en eau et en nourriture. « Les gens ont été gentils de s’en occuper », glisse M. Bergeron.

Lait

La fin de semaine dernière, la citoyenne qui avait effectué le premier signalement a toutefois relancé les Chatmoureux. Contrairement aux dernières semaines, elle n’arrivait plus à entendre les miaulements des chatons.

« On est allé chercher la chatte, qui n’était pas sauvage du tout. Elle n’avait plus de lait. On s’est dit que les chatons étaient décédés ou qu’un prédateur était allé les ramasser. On n’arrivait pas à voir sous la dalle et il n’y avait qu’une petite ouverture », relève Mario Bergeron.

Cora a donc été prise en charge par les bénévoles des Chatmoureux, qui lui avaient trouvé une place. Le lendemain matin, ils ont toutefois eu la surprise de constater que les mamelles de la chatte étaient gorgées de lait.

« C’est là qu’on s’est dit que les bébés devaient encore être là et qu’il fallait les retrouver. Ils parlaient aussi d’asphalter cette semaine... », dit M. Bergeron.

Donc, retour à la case départ pour le trio. C’est à ce moment qu’ils ont décidé — avec l’autorisation du propriétaire de l’immeuble, disent-ils — de creuser un trou plus grand pour que Mario Bergeron puisse se glisser sous la dalle. « Il y avait assez de place en dessous pour se coucher. J’étais capable de ramper et de rouler. C’est là que j’ai trouvé les trois petits bébés qui se terraient dans un coin », dit-il.

C’est entre autres avec l’aide d’un filet à pêche que Gato, Méo et Mario ont pu être sortis de leur tanière. Sylvie Camden attendait à son tour près du trou pour récupérer un à un les petits félins tremblants et apeurés. « Ça faisait deux jours qu’ils n’avaient pas bu », lance Amélie Lauzon.

L’équipe de bénévole avait pris soin d’amener Cora avec elle dans une cage de transport. Les petits ont ainsi rapidement pu retrouver leur mère, qui s’est empressée de les nettoyer, sur fond sonore de ronronnements.

L’histoire, relayée sur les réseaux sociaux par les Chatmoureux, a suscité de très nombreux témoignages d’appréciation.

Les chatons seront disponibles pour adoption dans un peu plus d’un mois.

Pour adoption 

Selon Mario Bergeron, les petits, trois mâles âgés d’à peine un mois, se portent bien. Lors du passage de La Voix de l’Est, ils recevaient sans crainte les câlins des humains. La petite famille est pour le moment hébergée chez la présidente de la fondation, Carole Ménard.

Les bénévoles des Chatmoureux viennent en aide aux chats errants à Granby depuis 2016. « Notre mission, réduire leur détresse par la stérilisation et l’adoption », est-il souligné sur la page Facebook de la fondation.

Les trois petits rescapés devraient être disponibles pour adoption dans environ un mois et demi. Depuis trois ans, près de 1000 chats, généralement vaccinés, vermifugés et stérilisés, ont trouvé une famille définitive grâce à la fondation, selon Mme Ménard. Certains viennent même parfois d’aussi loin que Lévis ou Longueuil pour adopter un chat.

La fondation apprécie particulièrement les dons de nourriture ou de litière pour l’aider dans sa mission.

L’organisme, qui peut compter sur des dizaines de bénévoles, dont des familles d’accueil, planche d’ailleurs actuellement sur un projet qui permettrait de micropucer les chats avant leur adoption, laisse savoir Sylvie Camden.