Éric Gélinas et Rachel Dauphin ont sauvé la vie d’un homme dans Charlevoix.

Sauvetage dans Charlevoix: «C’était une expérience unique»

«C’est très gratifiant.» Rachel Dauphin et son conjoint Éric Gélinas avaient prévu souligner leur anniversaire de rencontre dans Charlevoix, le week-end dernier, en faisant l’ascension de l’Acropole-des-Draveurs. Ils ne se seront jamais rendus au sommet, mais les deux ambulanciers de Shawinigan ne sont pas près d’oublier cette journée de congé dans le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Leur intervention rapide a permis de sauver la vie d’un homme qui s’est effondré devant leurs yeux.

«On a commencé à monter. Dix ou quinze minutes après le début de l’ascension, on a remarqué qu’un homme avait énormément de difficulté. Il était contre un arbre. Plus on s’approchait de lui, plus on voyait qu’il n’avait pas l’air bien. Quand il s’est affaissé au sol, mon conjoint et moi, on a couru vers lui et on l’a sorti du fossé dans lequel il était tombé. Là, on a constaté qu’il n’avait plus de pouls et on a commencé les manœuvres de RCR», raconte Rachel Dauphin qui travaille, tout comme son conjoint, pour Ambulance 22-22 de Grand-Mère.

Les deux paramédics ont rapidement enchaîné les demandes pour avoir un défibrillateur externe automatisé (DEA) et une ambulance. C’est toute une opération sauvetage qui s’est alors mise en branle avec l’aide d’un autre couple qui passait pas là, un ambulancier et une infirmière. Philippe Nadeau et sa conjointe Hélène Voyer, ont aidé aux manœuvres et à l’évacuation du randonneur.

«Le DEA est arrivé avec un employé du parc à mi-chemin après qu’on ait commencé l’évacuation. On a administré un choc et c’est là qu’on a retrouvé un pouls», raconte Rachel Dauphin.

Le massage, la ventilation et l’évacuation se sont faits «à la bonne franquette» puisque contrairement aux interventions dans le cadre de leur travail, les ambulanciers n’avaient aucun équipement.

«On était loin de nos outils comme une planche dorsale. On était vraiment ‘‘à bras’’. C’est Éric Gélinas et Philippe Nadeau qui l’ont descendu. […] C’est assez difficile l’Acropole-des-Draveurs. C’est vraiment à pic et il y a beaucoup d’escaliers en roche. C’est difficile à monter, imaginez descendre avec quelqu’un, c’est encore plus difficile», souligne l’ambulancière.

«J’ai déjà vécu des arrêts cardiaques en ‘‘live’’, mais là, on n’avait pas d’équipement! C’est quand même une drôle de coïncidence parce qu’en montant la montagne, juste avant cet événement-là, mon conjoint et moi discutions justement de ce qu’on ferait si quelqu’un n’allait pas bien dans le cadre de notre métier», relate-t-elle.

Quelques jours après ce sauvetage c’est le sentiment de fierté qui perdure de cet événement imprévisible qui va certainement marquer l’anniversaire de rencontre du couple d’ambulanciers.

«On était vraiment sur l’adrénaline et on est vraiment contents d’avoir réussi tout ça. On a pensé, mais ça s’est fait comme un automatisme. On était fiers parce qu’on l’a fait sans équipements, en dehors de notre environnement de travail. C’était une expérience unique. On était soulagé et content de voir le patient qui pouvait nous répondre aux questions à la fin. C’était un soulagement et c’était même presque irréel tellement ça s’est bien passé», lance-t-elle.

Pour l’ascension de l’Acropole-des-Draveurs, ce sera partie remise. Les deux tourtereaux ont préféré une randonnée plus courte après cette forte poussée d’adrénaline.

«On n’a pas monté l’Acropole», lance Rachel Dauphin en riant.

«Après 25 minutes d’évacuation, de massage et de stress intense, on s’est dit que quatre à six heures de montée, ça ne nous tentait plus», ajoute-t-elle.

Ce ne sera que partie remise, puisque les employés du Parc leur ont offert un accès gratuit pour retourner, quand bon leur semblera, faire l’ascension de cette montagne bien connue de Charlevoix.

«Ils ont été généreux. Ils nous ont dit: on vous doit bien ça!»