Salle de cour virtuelle, décorum... approximatif

Image qui coupe, son chambranlant, détenus plus ou moins conscients d’être devant le tribunal; pas facile de maintenir le décorum à la cour virtuelle...

Le juge Sébastien Proulx de la Cour du Québec est affecté cette semaine à la salle virtuelle du palais de justice de Québec où les accusés peuvent enregistrer un plaidoyer de culpabilité à partir du centre de détention. 

C’est une première pour lui et sa greffière. «Il y aura nécessairement des erreurs», prévient-il, à s’adressant à une dizaine d’avocats de la défense et de procureurs de la Couronne qui attendent leur tour dans la visioconférence, assis à leur bureau.

Normal que le personnel de cour manque de pratique avec la technologie: avant d’être forcés d’implanter les procédures virtuelles à cause de la pandémie, les palais de justice étaient encore considérés par plusieurs comme des «hangars à papier»...

Après les consignes du technicien en informatique, la séance se met en branle. Le juge Proulx a le souci de maintenir le même décorum que si tout le monde était devant lui. Les avocats qui apparaissent sans toge doivent donc s’expliquer.

Victime d’un réseau internet plus ou moins puissant selon les endroits, l’image de certains interlocuteurs fige, puis revient. Il faut parfois répéter. Soudain, c’est l’image au centre de détention qui disparaît. L’accusé, principal intéressé, n’est plus là. Puis, il réapparaît.

Sophie Giroux a été condamnée à une peine de 18 mois de prison, de laquelle il reste un peu plus de neuf mois à purger.

Accusée fatiguée

On se déplace au centre de détention de Laval. «Pouvez-vous allumer les lumières?», demande le juge Proulx à un agent correctionnel masqué. Elles étaient allumés. On se contentera de cette image un peu sombre pour le plaidoyer de culpabilité de Sophie Giroux, 28 ans, accusée de vol de condoms dans une pharmacie, de n’avoir pas payé une course de taxi de 145$ et surtout d’un vol qualifié dans un dépanneur de Lévis, commis avec un complice.

La jeune femme baîlle, s’étire. «Si vous êtes trop fatiguée, on peut reporter votre dossier», l’avertit le juge Proulx, en lui demandant de se tenir.

En novembre 2019, Sophie Giroux avait eu l’idée de faire un braquage dans un dépanneur avec son nouveau «chum», aussi accusé, tout simplement «parce que ce serait le fun». Le couple, le visage couvert par un masque, a été reçu par des propriétaires de dépanneur armés d’un bâton de baseball. Les malfaiteurs ont aussitôt pris la fuite et ont été rattrapés après une brève poursuite policière.

Les propriétaires du dépanneur ont dit être maintenant très craintifs à chaque fois qu’ils voient entrer un client masqué, de plus en plus nombreux en raison de la pandémie de la COVID-19.

Sophie Giroux a été condamnée à une peine de 18 mois de prison, de laquelle il reste un peu plus de neuf mois à purger.