Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard n’est pas chaud à l’idée de créer une assurance pour les régimes de retraite.

Retraités de GCM: le ministre des Finances ferme des portes

Employés et retraités du Groupe Capitales Médias (GCM), dont fait partie Le Soleil, ne peuvent compter sur le ministre des Finances du Québec ni pour réclamer leur dû auprès de leur ex-employeur Power Corporation ni pour créer une assurance pour les fonds de pension.

Après avoir mis effort et argent dans la relance des six journaux quotidiens en coopératives, le gouvernement refuse de se mouiller dans le dossier des retraites.

Avec l’ancien capitaine du Canadien et nouveau membre du Temple de la renommée du hockey Guy Carbonneau dans les tribunes, les quatre journalistes retraités du Soleil n’ont pas été les retraités les plus applaudis au Salon bleu, mercredi matin. Mais presque.

Les trois partis d’opposition ont appuyé la motion péquiste demandant «à Power Corporation du Canada de prendre la responsabilité du déficit de solvabilité des régimes de retraite de Groupe Capitales Médias». Le député solidaire Vincent Marissal a interpellé le ministre des Finances sur le sujet à la période de questions, sans plus de résultat.

«C’est une situation tragique. Mais l’employeur fait défaut, c’est ça le drame. On parle d’une entreprise privée et de sa filiale [Gesca, propriétaire de 2000 à 2015]. La maison-mère n’est pas garante d’une filiale, c’est la loi des compagnies. Et je ne peux pas travailler sur la transaction qui a eu lieu il y a plusieurs années. Moi, je fais face à la situation existante», a ensuite résumé le ministre Éric Girard, en mêlée de presse.

Comme La Presse

GCM regroupe 948 retraités et 400 employés, à Québec, Saguenay, Sherbrooke, Trois-Rivières, Granby et Ottawa. Les deux scénarios de relance passaient par la terminaison des régimes de retraite. Environ 1350 personnes verront leur rente amputée de 25 à 30 %.

«Ce qui est demandé à la famille Desmarais, qui détient le contrôle de Power Corporation, c’est de conserver la responsabilité des régimes de retraite du Groupe Capitales Médias pour le passé, comme elle le fait pour La Presse d’ici à la remontée des taux d’intérêt qui fera le déficit de solvabilité», a expliqué Pierre Pelchat, porte-parole de l’Association des retraités syndiqués du Soleil.


« C’est une situation tragique. Mais l’employeur fait défaut, c’est ça le drame. On parle d’une entreprise privée et de sa filiale [Gesca]. La maison-mère n’est pas garante d’une filiale, c’est la loi des compagnies »
Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard

En 2018, Gesca s’était départi du quotidien montréalais La Presse, devenu un organisme à but non lucratif, tout en conservant à sa charge les régimes de retraite. Pour GCM, la vente en 2015 à l’ex-ministre fédéral Martin Cauchon avait coupé tous les liens avec Gesca.

«Ce n’est pas juste notre demande qui est en cause», poursuit M. Pelchat. «Il y a une manœuvre toxique actuellement à Retraite Québec pour faire en sorte pour une entreprise, si elle est en difficulté financière avec un gros déficit de fonds de pension, de se libérer de payer les pleines rentes aux gens. Ça dépasse notre cas. C’est le temps de revoir ça pour éviter d’autres drames dans les prochaines années.»

La moyenne des rentes non indexées des retraités de GCM est de 17 000 $ par année.

Champions des taxes

Le ministre Girard n’est pas chaud non plus à l’idée de créer une assurance pour les régimes de retraite. «Ça voudrait dire un fonds d’indemnisation. Ça voudrait dire des cotisations supplémentaires, des taxes sur les masses salariales, avance M. Girard.

«Au Québec, on est déjà les champions des taxes sur les masses salariales, parce qu’on a fait des choix, comme les régimes de congés parentaux, etc. Je ne dis pas que celle-ci ne serait pas pertinente, mais je constate que les précédents gouvernements n’ont pas fait ce choix-là», conclut le ministre.

En Ontario, l’assurance des régimes de retraite est financée par les entreprises.