La résidence Les Appartements de Bordeaux (Chartwell) à Québec fait partie de celles qui sont touchées par la grève.

Résidences privées: des préposés en grève pour obtenir 15 $ l’heure

Une grève de 375 travailleurs, principalement des préposés aux bénéficiaires, sera déclenchée à 00h01 dans la nuit de lundi à mardi.

La grève doit durer cinq ou 10 jours, selon la résidence qui est touchée.

Ces syndiqués travaillent dans des résidences pour personnes âgées qui appartiennent à des entreprises privées. Leur principale revendication est d’obtenir un salaire de 15 $ l’heure à l’embauche et 1 $ d’augmentation par année, pour un contrat de trois ans.

Ces travailleurs, membres du Syndicat québécois des employés de service (SQEES) affilié à la FTQ, gagnent actuellement environ 13,50 $ l’heure. Il s’agit principalement de préposés aux bénéficiaires, mais aussi d’employés aux cuisines, à l’entretien ménager et à la buanderie, entre autres.

La grève devait toucher 500 travailleurs dans cinq résidences privées pour personnes âgées, mais lundi en fin d’après-midi, les travailleurs d’une des cinq résidences ont finalement accepté l’offre patronale, évitant ainsi de justesse la grève prévue. Ils seront donc 375 touchés.

Les résidences privées qui seront touchées sont la Résidence Anjou à Montréal, l’Oasis Saint-Jean (Chartwell) à Saint-Jean-sur-Richelieu, les Appartements de Bordeaux (Chartwell) à Québec et le Domaine de Bordeaux (Chartwell) à Québec.

Les syndiqués du Domaine des Forges, à Laval, qui devaient débrayer en même temps que les autres à 00h01, ont finalement voté à 66 % en faveur de l’offre patronale. La grève a donc été annulée.

Bien qu’il s’agisse de résidences privées, les services essentiels seront assurés, a précisé en entrevue Sylvie Nelson, présidente du SQEES. Le débrayage ne concernera donc que 10 % du temps consacré aux soins directs aux patients et 20 % du temps consacré aux services auxiliaires, comme l’entretien ménager, la cuisine.

«Ça ne met pas en danger ni la santé ni la sécurité des gens», a assuré Mme Nelson.

Direction

Du côté de la direction de Chartwell, une des entreprises touchées, la vice-présidente aux services opérationnels, Marie-France Lemay, a indiqué par voie de courriel que «nos discussions visent à offrir une rémunération équitable, concurrentielle et qui reflète les aptitudes et les compétences de nos employés».

«Dans le cadre du processus de négociation, Chartwell respecte le droit de ses employés et de leurs représentants syndicaux de faire valoir leurs intérêts. Il est important de souligner que pendant la grève, les opérations de la résidence se poursuivent et nous continuons de maintenir les services essentiels en vertu de la loi», a-t-elle ajouté.

Des appuis

Mme Nelson, du SQEES, soutient que même des résidants d’une des résidences touchées, celle des Appartements de Bordeaux, appuient la cause. «Ils nous le disent clairement. Il y a eu une pétition signée, aux Appartements de Bordeaux, comme quoi ils appuyaient les revendications et reconnaissaient le travail des personnes. Et ça a été vraiment à l’initiative des résidants, qui sont venus voir notre monde qui s’occupe du syndicat et demander «comment est-ce qu’on peut vous le montrer et le faire savoir?» a-t-elle rapporté.

D’ailleurs, des délégués du congrès de la FTQ, qui se tient à Québec cette semaine, iront manifester devant une résidence touchée, mardi à Québec, en présence de représentants du SQEES et du président de la centrale syndicale, Daniel Boyer.