Le rapport du DPB témoigne sans équivoque que le remplacement de Phénix prendra des années.

Remplacer Phénix serait moins coûteux que de le réparer

OTTAWA — Le coût de l’approvisionnement et de la mise en place d’un nouveau système de rémunération pour les fonctionnaires fédéraux devrait être minime comparativement au coût de la stabilisation du système Phénix actuel, indique un nouveau rapport du Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB).

Réparer les dégâts causés par Phoenix coûtera 2,6 milliards $, a soutenu jeudi le DPB. Le remplacer? Une somme relativement modeste de 57 millions $.

Cela dépendra toutefois beaucoup de la complexité du nouveau système et des éventuelles modifications que le gouvernement devra apporter pour tenir compte de tout ce qui ira au-delà des dizaines de milliers de règles actuellement utilisées dans le calcul de la rémunération des employés fédéraux, a déclaré le directeur parlementaire du budget.

«Le logiciel de traitement de la paye doit être en mesure d’appliquer ces facteurs, appelés «règles de paye», pour calculer le montant à verser à chaque employé, a noté le DPB dans un résumé de son rapport. Plus il existe de règles de paye, plus il est difficile de configurer et de personnaliser un système de paye disponible sur le marché.»

Un nouveau système nécessiterait les données appropriées, qui seraient extraites d’un Phénix stabilisé, et c’est là que se trouvent les dépenses les plus importantes.

L’estimation du DPB pour le remplacement de Phénix comprend les coûts d’approvisionnement, de tests et de formation, considérés comme des dépenses ponctuelles.

Il existe également des coûts permanents, tels que les frais d’abonnement aux logiciels, les coûts de main-d’oeuvre et l’exploitation du centre de rémunération du gouvernement, actuellement situé à Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Le directeur parlementaire du budget prévoit que l’exploitation d’un nouveau système de paye, à compter de 2024, coûtera entre 101,9 et 105,7 millions $ par an, ce qui devrait permettre de réaliser des économies considérables par rapport à ce que le gouvernement avait dépensé auparavant.

Toutefois, le DPB n’a pas incorporé ce qui pourrait être des dépenses considérables, notamment la personnalisation du nouveau système de paye, le coût du transfert des données de paye de Phénix vers le nouveau système et la possibilité d’exploiter temporairement deux systèmes simultanément.

Il pourrait également y avoir des dépenses supplémentaires, telles que le coût des conseillers en rémunération internes, que les ministères pourraient choisir de garder, et le règlement des poursuites ou des plaintes déposées à cause des problèmes de Phénix.

En 2018, le gouvernement Trudeau a affecté 16 millions $ sur deux ans à la recherche d’un remplaçant pour Phénix. Mais le dernier budget ne prévoyait aucun nouvel argent pour un nouveau système.

Phénix a provoqué d’énormes maux de tête aux employés fédéraux depuis son lancement en 2016, certains d’entre eux ayant été trop payés, pas suffisamment payés ou tout simplement pas payés du tout.

Le rapport du DPB témoigne sans équivoque que le remplacement de Phénix prendra des années.

Les syndicats représentant les employés fédéraux ont prévenu que les défaillances du système de paye et la lenteur à trouver un remplacement constitueraient un problème pour les libéraux fédéraux pendant la prochaine campagne électorale.