Le commerce de détail a renoué avec la croissance dans la région, indique l’économiste de Québec International, Émile Émond.

Rareté de main-d’oeuvre: «le phénomène s’accélère»

Le mois novembre n’aura pas fait figure d’exception lorsqu’on regarde le taux de chômage pour la région de Québec. Il a légèrement diminué pour atteindre 3,8 %. Ce qui signifie que les maux de tête des patrons d’entreprise sont loin d’être terminés.

«Tout indique que le phénomène de la rareté de main-d’oeuvre s’accélère et que les employeurs ont de plus en plus de difficulté à pourvoir les postes disponibles», indique l’économiste de Québec International, Émile Émond. «Il y a actuellement 19 270 postes vacants dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Il s’agit d’un sommet inégalé depuis 2015», poursuit-il. 

Ce dernier ajoute dans son analyse que la capitale est actuellement l'endroit à travers la province où le taux de postes vacants est le plus élevé.

Selon les données de l’Enquête sur la population active publiées vendredi par Statistique Canada, la région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, qui couvre essentiellement les territoires des villes de Québec et de Lévis, a enregistré le mois dernier une perte de 5100 emplois par rapport au mois d’octobre, pour atteindre 440 000. Le nombre de chômeurs a aussi baissé, passant de 17 900 à 17 400.

La population active de la région a, quant à elle, connu un recul pour un sixième mois d’affiliés avec une perte de 5 500 individus (457 400). 

Selon M. Émond, ce recul de l’emploi et du taux de chômage s’explique «par la contraction du bassin de main-d’oeuvre». 

Mentionnons qu’à 3,8 % — il était au mois d’octobre à 3,9 % —, le taux de chômage de la RMR de Québec est le deuxième plus bas au Canada pour un troisième mois consécutif.

Pour novembre, le secteur manufacturier et celui des services ont les bilans les plus sombres pour l’emploi à temps plein. Les services financiers et d’assurances ainsi que l’information, la culture et les loisirs sont les domaines les plus touchés. 

«Le commerce de détail a pour sa part renoué avec la croissance», précise toutefois M. Émond.

Si on regarde pour la province, l’emploi a augmenté de 26 000 en novembre, en raison d’une hausse du travail à temps plein. Le taux de chômage a peu varié pour s’établir à 5,4 %. 

L’emploi a connu une hausse notable dans les services professionnels, scientifiques et techniques ainsi que dans les services d’enseignement. Au cours de la période de 12 mois ayant pris fin en novembre, l’emploi dans la province a peu varié.

Le cannabis fait grimper les chiffres

Pour le Canada, le taux de chômage a diminué de 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 5,6 %, soit le taux le plus bas enregistré depuis 1976, année où des données comparables sont devenues disponibles.

L’agence fédérale a expliqué que l’emploi a progressé de 94 000 en novembre, stimulé par une hausse du travail à temps plein.

Au cours de la période de 12 mois ayant pris fin en novembre, l’emploi a augmenté de 219 000 ou de 1,2 %, sous l’effet d’une hausse du travail à temps plein (+227 000 ou +1,5 %). Au cours de la même période, le nombre total d’heures travaillées s’est accru de 2,1 %.

L’emploi a augmenté dans six provinces, notamment au Québec et en Alberta, tandis qu’il a peu varié dans les quatre provinces de l’Atlantique.

Fait intéressant, le nombre de personnes occupant un emploi à travers le pays lié au cannabis en novembre s’est chiffré à 10 400, ce qui constitue une augmentation de 7500 (+266 %) par rapport à 12 mois plus tôt.

La majeure partie des emplois créés dans ce secteur consistaient en l’exécution de tâches comme la coupe de bourgeons. La consommation de cannabis à des fins récréatives a été légalisée au Canada le 17 octobre 2018.

Taux de chômage stable aux États-Unis

Du côté des États-Unis, les employeurs ont créé seulement 155 000 emplois en novembre, ce qui représente un ralentissement comparativement aux derniers mois, mais le taux de chômage est néanmoins demeuré stable à 3,7 %.

L’économie du pays semble en bonne santé malgré les montagnes russes des places boursières.

Les firmes de soins de santé ont créé 40 100 emplois, contre 32 000 pour les firmes de services professionnels. Les entreprises de fabrication ont recruté 27 000 nouveaux travailleurs, un sommet depuis sept mois.

Quelque 237 000 emplois avaient été créés en octobre. La moyenne mensuelle des six derniers mois est de 195 000 emplois, comparativement à 212 000 lors des six mois précédents. Avec La Presse canadienne, AP et AFP