La tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE) s'attaque au sapin et à l'épinette dans différentes régions du Québec, mais sa progression fait en sorte que quatre régions sont particulièrement ciblées par les pulvérisations aériennes d'insecticide qui se déroulent depuis la fin mai jusqu'au début juin.

Québec investit 33 M$ dans la lutte à la tordeuse des bourgeons de l'épinette

Le gouvernement du Québec investit 33 millions $ cette année et agrandit la superficie d’arrosage aérien dans le cadre de son programme de lutte contre un insecte nuisible qui fait des ravages dans les forêts québécoises.

La tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) s’attaque au sapin et à l’épinette dans différentes régions du Québec, mais sa progression fait en sorte que quatre régions sont particulièrement ciblées par les pulvérisations aériennes d’insecticide qui se déroulent depuis la fin mai jusqu’au début juin.

«C’est un insecte qui attaque le sapin et l’épinette et les fait mourir», précise Pierre Therrien, un entomologiste du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFP) rejoint par La Presse canadienne. Il souligne qu’il s’agit d’un insecte indigène qui existe dans les forêts du Québec depuis des milliers d’années, dont la présence est impossible à éradiquer.

«C’est un insecte qui périodiquement revient à l’état épidémique, à peu près aux 30 ans, explique-t-il. La dernière épidémie a duré de 1967 à 1992. Celle-ci a commencé en 2006 et va se poursuivre encore pour une quinzaine d’années, si on parle à l’échelle de la province.»

Protéger les emplois

Questionné à savoir si la présence de TBE est plus alarmante qu’à l’habitude, l’expert se fait rassurant, tout en expliquant que le but du programme mis de l’avant vise surtout à contrôler le problème, là où l’activité économique dépend des forêts.

«Ce n’est pas un problème majeur dans la majorité des forêts du Québec parce que ça permet de renouveler les forêts. Par contre, quand la TBE s’attaque à des peuplements identifiés pour la récolte et les activités économiques au Québec, il faut intervenir.»

C’est dans un souci de protéger les emplois forestiers que les pulvérisations aériennes couvriront cette année environ 456 000 hectares de forêts vulnérables à la TBE, comparativement à 337 150 hectares en 2018. Les régions de la Côte-Nord, du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine sont ciblées par ces opérations.

«Le produit utilisé est un produit biologique, qui n’a aucun impact pour la santé humaine et les mammifères, affirme l’entomologiste. En fait, c’est un insecticide qui est quand même très spécifique pour la TBE et d’autres lépidoptères qui peuvent être dans l’environnement à ce moment-là.»

Le mandat pour effectuer ces arrosages aériens a été confié à la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM), un organisme privé sans but lucratif.

«On arrose des peuplements qui ont une défoliation modérée ou grave, affirme M. Therrien. Les pulvérisations ont commencé en 2009 et vont se poursuivre tant que l’épidémie le justifie.»