Un cocher a lancé aux jurés d’un procès pour trafic de stupéfiants cette phrase bien sonore : «prenez la bonne décision, là!»

Quand une blague de cocher paralyse un procès

«Prenez la bonne décision, là!» La boutade d’un cocher du Vieux-Québec a paralysé durant quelques heures le procès devant jury de Jonathan Rochette, sa mère Peggy Gagnon et Antoine Lévesque, tous accusés de trafic de stupéfiants.

Après plus de deux mois à entendre des témoins, les avocats puis le juge, les 12 jurés sont maintenant séquestrés. 

Le 14 mars, quelques jours après le début du procès, les jurés finissaient de dîner dans un restaurant du Vieux-Québec. Un petit groupe de jurés était rassemblé sous un porche, pour se mettre à l’abri de la pluie, en compagnie d’un constable spécial en uniforme. Deux officiers du palais de justice accompagnent les jurés dans tous leurs déplacements.

Soudain, un cocher, conduisant sa calèche, passe à côté d’eux et leur lance cette phrase bien sonore : «prenez la bonne décision, là!». Puis, il continue son chemin.

Les jurés ont compris deux choses : qu’ils avaient été identifiés et que le cocher faisait référence à leur futur verdict. 

Lorsque l’incident est venu aux oreilles du juge Louis Dionne de la Cour supérieure, quelques jours plus tard, chaque juré a été convoqué en salle d’audience, individuellement, pour savoir comment ils avaient réagi à l’incident. Et surtout, s’ils allaient pouvoir continuer à entendre la preuve sans crainte et en toute impartialité.

Les jurés confessent avoir été surpris par la phrase du cocher. Mais lancée sur un ton amical, cette blague ne les a pas inquiétés, assurent-ils. Un juré dit avoir perçu la phrase comme «un encouragement à poser un bon jugement», sans plus.

Les jurés supposent que ce cocher, qui fait constamment le même trajet, est habitué à voir des groupes de jurés avec des constables spéciaux.

Les commentaires des jurés ont rassuré le tribunal et le procès a pu se poursuivre.

Verdict à venir

Après deux jours de lecture, le juge Louis Dionne a terminé de rendre ses directives mercredi en fin de journée et a aussitôt séquestré les jurés. Les délibérations commenceront jeudi matin.

Selon la thèse de la poursuite, Jonathan Rochette, 32 ans, était le gérant d’un imposant réseau de vente de drogue dure, de cocaïne et de méthamphétamines surtout. Sa mère Peggy Gagnon, 67 ans, et Antoine Lévesque, 29 ans, auraient été ses associés, selon la preuve du ministère public. 

Des vendeurs («runners») sont venus expliquer leur rôle dans le réseau et des policiers ont raconté leur entrée subreptice («sneak») dans une cache de drogue qu’ils attribuent au réseau de Rochette.