Claudia Riverin garde le moral malgré la maladie.

Quand le cancer frappe quatre fois

Quand le cancer frappe une fois, toute la vie est chamboulée. Celle de la personne malade, mais aussi celle de son entourage. Mais quand il frappe une quatrième fois en moins de quatre ans, il est permis de croire que le moral peut aussi être grandement touché. Ce n’est pas le cas de Claudia Riverin, qui doit se battre contre une autre récidive de son cancer des ovaires.

La mère de famille de Shipshaw a rencontré Le Progrès, jeudi soir. Le sourire aux lèvres, jamais abattue dans ses commentaires, on comprend vite qu’elle prend la situation avec philosophie.

«Ma tête va bien! Elle n’est pas malade. C’est mon corps. Je suis positive et je ne me laisse pas abattre, dit-elle d’emblée. J’essaie d’avoir une bonne attitude et d’être positive. C’est comme ça qu’on peut déplacer des montagnes.»

«Elle est quelque chose. C’est un exemple pour plein de monde», ajoute sa tante, Manon Riverin, qui assiste à l’entrevue.

Claudia Riverin avoue toutefois que le premier diagnostic de cancer, en janvier 2016, a été tout un choc. D’autant plus qu’elle ne se sentait pas malade. Elle a consulté pour ce qu’elle pensait des pierres aux reins, des douleurs au dos, mais trois jours plus tard, elle était opérée pour un cancer de stade trois. Un stade de plus et elle devait s’en remettre aux soins palliatifs.

«La première année a été très difficile. Vous savez, l’annonce qui dit que c’est comme recevoir un coup de masse? C’est vrai, c’est comme ça», avoue la femme de 43 ans, qui était seule avec le docteur lorsqu’elle a eu la nouvelle.

Claudia Riverin décrit son cancer – à grand risque de récidive – comme étant sournois, car il n’est pas douloureux. C’est pour cette raison qu’au départ, elle n’aurait jamais pu croire qu’elle en était atteinte.

Depuis bientôt quatre ans, elle va donc très fréquemment à l’hôpital de Chicoutimi – «tu sais, quand la secrétaire ne te demande même plus ton nom!» – pour recevoir ses traitements. Par les temps qui courent, il est question d’un traitement par semaine, avec une pause d’une semaine par mois.

«Les premiers traitements ont été difficiles. J’étais allergique au médicament. J’en avais pour huit heures. Je faisais le même chiffre que les infirmières. J’arrivais et je partais en même temps qu’elles. Là, c’est une heure par traitement. Je suis chanceuse parce qu’il y en a beaucoup de sortes, et aujourd’hui, j’ai une médication pour m’aider à les tolérer», explique-t-elle. Pour la première fois depuis longtemps, les tests montrent une amélioration.

Quand on lui demande ce qui l’aide à prendre la situation du bon côté, elle répond sans hésiter qu’elle est bien entourée. La famille, proche et élargie, est très présente pour elle. Elle a de l’aide pour le ménage, pour la préparation des repas, et son conjoint des 24 dernières années a changé d’emploi pour être plus près de la maison.

«Les bonnes personnes ne changent pas. Les moins bonnes s’éloignent. Être malade, ça permet de faire un bon ménage dans l’entourage», admet-elle.

Claudia Riverin avoue que la maladie a changé ses enfants – Josianne, 18 ans, et Jérémy, 14 ans –, une situation normale, selon elle, «parce qu’ils n’ont pas le même vécu que des enfants qui ont des parents en santé».

«Je veux être un exemple à suivre pour mes deux enfants. Je ne baisserai certainement pas les bras.»

Comme sa mère

La mère de Claudia est décédée du cancer de l’utérus, à l’âge de 44 ans, alors qu’elle n’avait que 19 ans. Un contexte particulier, puisqu’elle et sa fille auront les mêmes âges dans quelques mois.

«J’y pense, c’est certain, mais je ne pense pas juste à ça. Il faut vivre, sans toutefois être insouciant.»

Sa fille Josianne sera donc suivie de près. Quand elle sera prête, elle pourra se faire opérer pour éliminer les risques de cancer.

La famille de Claudia est d’ailleurs très touchée par le cancer. Une quinzaine de ses oncles en ont été atteints. Et quand elle est allée passer des tests de génétique, on lui a même demandé si ses grands-parents étaient de la même famille...

Claudia Riverin peut compter sur l’aide de sa tante Manon.

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UN COUP DE MAIN AVANT NOËL

 Coiffeuse, donc travailleuse autonome, Claudia Riverin n’a pas droit au chômage. Elle a reçu des montants d’assurances – une fois, à son premier cancer –, mais maintenant, c’est plus difficile financièrement. C’est là qu’entre en jeu sa tante, Manon Riverin, qui fait de son mieux pour l’aider, notamment à l’approche des Fêtes. 

Une campagne de sociofinancement a été lancée sur Facebook au cours des dernières semaines – elle devait prendre fin vendredi – et un bingo Tupperware a été organisé. Même si elle peut encore coiffer à l’occasion, selon son niveau d’énergie, l’aspect financier peut parfois être un casse-tête, à tel point qu’ils ont dû se départir de deux voitures au cours des derniers mois. À cela s’ajoute que son conjoint, qui avait un bon emploi à l’extérieur, a changé de travail pour se rapprocher, ce qui a diminué son salaire. 

«C’est vraiment un beau cadeau de Noël, admet Claudia, mais c’est vraiment gênant. J’ai reçu des sous de gens que je ne connais pas. Je ne suis pas habituée de recevoir autant. Je ne veux pas avoir l’air d’une quêteuse», dit-elle, gênée, mais visiblement reconnaissante de l’aide qu’elle reçoit.

Quand Manon Riverin a lancé la campagne sur Facebook, elle avait comme objectif d’amasser 1000$. En 24 heures, le montant accumulé atteignait 800$. Jeudi soir, à quelques heures de la fin de la collecte, le montant frôlait les 2000$. 

Avant même d’être malade, Claudia avait participé au Relais pour la vie. Et depuis le verdict, elle continue de participer avec sa gang, à tel point qu’ils remplissent deux tables! 

«La première fois que je l’ai fait comme survivante, c’était très émouvant. J’avais le chandail jaune et ma fille avait le orange pour les proches aidants. Chaque fois, je me dis que j’ai fait un an de plus.

«On ne sait jamais ce qui peut arriver. Le temps nous est prêté.»

Ceux qui veulent aider Claudia Riverin peuvent contacter sa tante Manon par courriel, au manon.riverin@hotmail.com, ou par téléphone, au 418-592-7365.