Alain Dexter

Prisonnier chez lui pendant 36 heures

Alain Dexter, un ancien animateur de radio et éditorialiste au journal Le Droit a été retrouvé dans son logement de Mont-Bleu plus de 36 heures après que la tornade eut ravagé le secteur.

Le Gatinois de 76 ans a été retrouvé sain et sauf. Il a été déplacé et il est maintenant en sécurité.

La relationniste du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), Andrée East, confirme que les policiers ont répondu à un appel de la famille vers 10 h dimanche matin. « La famille nous a demandé de l’aide pour localiser l’homme en question. Quand nous avons appris qu’il habitait dans une zone sinistrée, des policiers se sont immédiatement rendus sur les lieux où ils ont finalement pu retrouver l’homme sain et sauf. »

L’agente East signale qu’en tenant compte de la situation, le logement dans lequel se trouvait M. Dexter était en très bon état.

Selon ce qu’a publié sur Facebook l’une de ses filles, Alexia-Jade Brunel, il « s’était enfermé chez lui vendredi suite à la tornade ».

Ses filles ont lancé un appel à l’aide sur les réseaux sociaux pour obtenir de l’aide en Outaouais, puisqu’elles demeurent dans la région de Montréal. « Je me suis portée volontaire pour aller chercher au cégep », explique Leah Collins, une amie de l’une des filles de M. Dexter. Samedi, ses recherches au cégep – transformé en refuge pour les sinistrés – ont été vaines.

Samedi, ses recherches au cégep – transformé en refuge pour les sinistrés – ont été vaines. «Il y avait un registre des gens qui s'étaient enregistrés, mais personne à son nom, raconte-t-elle. J'ai fait le tour du cégep en montrant sa photo à un peu tout le monde et personne ne l'avait vu. On s'est mis à s'inquiéter. J'ai donné mes coordonnées et les informations nécessaires à la Croix-Rouge.»

Leah Collins a aussi tenté d’entrer dans l’immeuble où demeurait le septuagénaire. « Mais il y avait un policier qui bloquait l’entrée à tout le monde, dit-elle. J’ai expliqué qu’il y avait quelqu’un qui manquait à l’appel, qu’il fallait aller vérifier à son domicile, mais le policier m’a dit qu’on ne pouvait pas y accéder. J’ai demandé si ça se pouvait que quelqu’un soit encore dans un appartement parce que la Croix-Rouge ne l’avait pas vu du tout, et il m’a dit que non, que c’était impossible parce qu’ils avaient vraiment évacué les lieux et qu’il n’y avait plus personne. »

De retour chez elle, Mme Collins a demandé aux filles de M. Dexter si elles l'autorisaient à diffuser l'avis de recherche sur les réseaux sociaux, ce qu'elles ont accepté. De leur côté, les filles du septuagénaire continuaient de contacter les hôpitaux et les autorités.

Selon ce que rapporte Leah Collins, ce n'est que dimanche matin, après plusieurs demandes faites par une des filles de l'homme, que le Service de police de la Ville de Gatineau (SVPG) a décidé de partir à sa recherche. « Quand les policiers ont pris ça en charge, ils sont allés pour voir à son appartement et ils l’ont trouvé dans son lit. Il avait mal au dos, il attendait de l’aide. »

Bien que Mme Collins comprenne que les autorités étaient «débordées» par le chaos engendré par le passage de la tornade, elle estime qu'il y a eu «des lacunes pour s'assurer que tout le monde est en sécurité».

Même son de cloche du côté d'Alexia-Jade Brunel, qui a fait savoir, peu de temps après que son père eut été retrouvé, qu'il était malgré tout «sain et sauf».

« Il aurait été la moindre des choses de s’assurer que tout le monde avait bel et bien été évacué, a écrit Alexia-Jade Brunel sur Facebook. Mon père, confus, apeuré et ayant des douleurs au dos, s’était isolé dans son appartement attendant de l’aide… J’aimerais dénoncer publiquement le manque de rigueur de la part des services d’urgence de Gatineau. »

Avec Jean-Simon Milette, Le Droit