Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé vendredi que le poste de commissaire de la GRC est confié à Brenda Lucki (au lutrin), qui était depuis 2016 commandante du centre d'entraînement de la police fédérale à Regina.

Pour la première fois de son histoire, c'est une femme qui dirigera la GRC

REGINA — Pour la première fois de l'histoire, c'est une femme qui dirigera la Gendarmerie royale du Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau a confirmé vendredi que le poste de commissaire de la GRC est confié à Brenda Lucki, qui était depuis 2016 commandante du centre d'entraînement de la police fédérale à Regina. Comptant 31 ans d'expérience à la GRC, Mme Lucki a aussi servi dans l'ex-Yougoslavie et au sein de la police civile des Nations Unies en Haïti.

Beverley Busson avait été commissaire par intérim pendant six mois, en 2007, mais c'est la première fois qu'une femme est nommée commissaire sur une base permanente. En annonçant sa nomination, vendredi à Regina, M. Trudeau a précisé que Mme Lucki veillera à promouvoir l'équité hommes-femmes.

Cette organisation est effectivement aux prises depuis quelques années avec de nombreuses plaintes de discrimination sexuelle et d'intimidation en milieu de travail. Il y a un an, le commissaire sortant, Bob Paulson, avait présenté les excuses de la GRC pour la discrimination subie par les femmes, et accepté de régler à l'amiable, pour 100 millions $, deux actions collectives.

La nomination de Mme Lucki survient aussi au moment où les relations entre la GRC et les Autochtones sont particulièrement tendues, comme l'illustrent les travaux de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. M. Trudeau a soutenu vendredi que la nomination de Mme Lucki pourra contribuer à la réconciliation avec les peuples autochtones, au mieux-être psychologique des policiers et à la lutte contre le harcèlement en milieu de travail.

Mme Lucki a déjà été décorée de l'Ordre du mérite des corps policiers pour sa contribution à l'amélioration des relations avec les Autochtones dans le nord du Manitoba.

Cette nomination est le fruit du travail d'un comité non partisan et indépendant mis sur pied l'an dernier par le gouvernement fédéral. Ce comité, présidé par l'ex-premier ministre du Nouveau-Brunswick Frank McKenna, avait remis au gouvernement une liste de trois noms pour le poste de commissaire de la GRC.

Pendant la cérémonie de vendredi, deux des nombreux membres de la GRC qui se tenaient debout derrière le lutrin ont perdu connaissance, mais il semble que leur état n'inspire aucune crainte.