Le président de l’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, a critiqué l’inaction gouvernementale à l’occasion de son passage devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi.

Possibilité forestière et caribou: l’Alliance forêt boréale à bout de patience

Le président de l’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, affirme être à bout de patience dans le dossier de la détermination de la possibilité forestière et de la protection du caribou forestier. Si rien ne bouge, il faudra s’attendre à des interventions musclées sur le terrain cet automne.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi, M. Cloutier a avoué vivre avec une « écœurantite aiguë » devant l’inaction gouvernementale, et ce, d’autant plus au lendemain de l’annulation de la rencontre du Groupe opérationnel régional (GOP).

Après avoir écrit plusieurs lettres au gouvernement et aux fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFPQ) pour réclamer un moratoire sur la mise en œuvre de mesures de protection du caribou forestier, M. Cloutier a déploré le peu d’écoute auquel l’industrie et les communautés sont confrontées.

« On dirait que le gouvernement ne comprend pas l’importance de l’industrie forestière pour une région comme la nôtre, qui dispose du plus grand parterre forestier du Québec. Les communautés ne sont pas impliquées dans les discussions. On veut arriver à la mise en place de tables régionales sur la forêt puisque la réalité de la forêt boréale est différente d’une région à l’autre », déclare M. Cloutier. La réalisation d’un nouvel inventaire du caribou figure également dans les revendications.

Avec une baisse de la possibilité forestière qui est passée de 11 millions de mètres cubes aux environ de 7 à 8 millions, M. Cloutier affirme que Québec veut faire avaler au Saguenay–Lac-Saint-Jean son plan de gestion forestière, lequel prévoit des hausses étalées sur plusieurs décennies. Selon lui, l’enjeu du débat actuel est la disposition d’un million de mètres cubes d’approvisionnement forestier.

La politique de protection 65 % -35 % de forêt non perturbée par les opérations forestières afin d’atteindre l’objectif de présence de 1,5 caribou/100 km carrés fait particulièrement mal à l’industrie et aux communautés, soutient l’Alliance forêt boréale.

Si l’immobilisme perdure du côté des fonctionnaires du ministère, le président Pascal Cloutier se propose de mobiliser le milieu forestier et les syndicats afin de porter le message avec des manifestations.

Il ajoute que le ministère des Forêts que dirige le ministre Pierre Dufour est inféodé dans son entourage par des membres de groupes d’intérêts environnementaux qui font de la désinformation en publiant, par exemple, des photographies sur la détérioration de la forêt boréale en utilisant des images de l’Amazonie.

QcRail

Parmi les autres sujets abordés, M. Cloutier a partagé son opinion sur l’étude de faisabilité qui sera réalisée pour le projet QcRail de chemin de fer entre Baie-Comeau et sa ville.

Il a précisé que les gens de Baie-Comeau sont venus à deux reprises le rencontrer sur le sujet. Ils ont été informés que le conseil ne prendrait pas position. La priorité de Dolbeau-Mistassini est de rendre le trafic ferroviaire régional plus fluide. La construction d’un pont sur la rivière Mistassini au coût de 50 M $ constitue une des priorités de sa ville, tout comme un nouveau sentier de motoneige qui permettrait de relier les monts Valin au nord du Lac-Saint-Jean.

Le déploiement du réseau de gaz naturel au nord du Lac-Saint-Jean constitue un autre projet sur lequel travaille Dolbeau-Mistassini, en concertation avec la Table régionale des élus.