Pour Claude Guertin, il n’était pas question de se présenter à l’hôpital sans masque.
Pour Claude Guertin, il n’était pas question de se présenter à l’hôpital sans masque.

Port du masque dans les hôpitaux: la consigne pas toujours respectée

Les nouvelles lignes directrices émises par le CIUSSS de l’Estrie concernant le port du masque dans les établissements sous son giron sont respectées aléatoirement. C’est du moins le constat qu’a fait La Voix de l’Est en observant et en questionnant des usagers à l’hôpital de Granby, mercredi.

Outre le lavage des mains, le fait de tousser dans son coude et le respect de la distanciation de deux mètres entre les individus, le CIUSSS a souligné à grands traits l’importance d’adopter des comportements responsables pour éviter la propagation du coronavirus. En ce sens «plus que jamais», l’organisation recommande «fortement» le port d’un couvre-visage ou d’un masque de procédure en ses murs. «Si une personne n’a pas de couvre-visage, l’établissement lui fournira un masque», peut-on lire dans le récent communiqué du CIUSSS

La consigne ne semble pas avoir fait écho au centre hospitalier de Granby (CHG) et même auprès de plusieurs employés. Lors du passage de La Voix de l’Est à l’hôpital, soit durant environ 30 minutes, près de la moitié des gens qui sont entrés et sortis par l’accès principal de l’établissement de soins de santé ne portaient pas de masque. De plus, tous les gens questionnés ont assuré qu’aucun membre du personnel ne les a interpellés à ce sujet.

Armand Pelletier est du nombre. «On ne m’a pas proposé de masque à l’intérieur. Ça doit être une bonne chose, mais je ne sors pas souvent. J’en porterai un si ça devient obligatoire», a-t-il dit.

Étienne Chaput, qui n’avait pas le visage couvert en sortant du CHG, a tenu des propos similaires. «Personne ne m’a parlé d’un masque ici. Mais, c’est certain que ça peut être une bonne chose d’en porter un.»

Bien qu’elle se dise «très sensibilisée» à l’importance du port du masque, Caroline n’en avait aucun en passant la porte de l’hôpital. «On doit recommander le port du masque dans les hôpitaux. C’est une très bonne idée. J’en porte toujours un quand je vais à l’épicerie et je respecte la distanciation sociale. Mais j’avoue qu’ici, je n’en ai pas et qu’on ne m’a pas proposé de m’en donner non plus», a déploré celle qui a préféré taire son nom de famille.

La consigne du port du masque ne semble pas avoir fait écho au centre hospitalier de Granby (CHG) et même auprès de plusieurs employés. Lors du passage de La Voix de l’Est à l’hôpital, soit durant environ 30 minutes, près de la moitié des gens qui sont entrés et sortis par l’accès principal de l’établissement de soins de santé ne portaient pas de masque.

Prêcher par l’exemple

Tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement, plusieurs membres du personnel du CHG vaquaient à leurs occupations sans avoir le visage couvert. Une personne était postée à l’entrée de l’hôpital pour inciter les usagers à se laver les mains et les diriger au bon endroit.

Or, même si elle disposait d’une boîte de masques, plusieurs patients ont défilé devant elle avec le visage découvert, lors du passage de La Voix de l’Est, sans qu’elle leur recommande d’en porter un. Pour Claude Guertin, il n’était pas question de se présenter à l’hôpital sans se couvrir le visage. «Dès que je sors de chez moi, j’ai toujours mon masque. Tout le monde devrait faire la même chose. Surtout dans un hôpital. Tant qu’il n’y aura pas de vaccin contre le coronavirus, je vais continuer de le porter», a-t-il assuré.

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Hélène Lesage est du même avis. «Le port du masque devrait être obligatoire. C’est une question de santé publique», a-t-elle dit.

Restrictions

Lors d’une visite dans une de ses installations, le CIUSSS de l’Estrie préconise le fait de circuler à droite dans les corridors puis les escaliers. Il est aussi recommandé de marcher à la file indienne plutôt que côte à côte.

Certaines restrictions sont néanmoins mises de l’avant à propos des visites. «Afin de protéger les personnes hospitalisées ou hébergées», le CIUSSS interdit l’accès aux visiteurs et aux accompagnateurs dans les hôpitaux, les CHSLD, les ressources intermédiaires ainsi que dans les résidences privées pour aînés. Idem en ce qui concerne les centres de réadaptation, entre autres.

Des exceptions sont toutefois en vigueur dans le cas des proches de personnes en fin de vie, notamment les enfants, la fratrie, un parent ou une «personne significative».

Adaptation

Appelé à commenter le dossier, le CIUSSS s'est dit «conscient que les nouvelles habitudes peuvent prendre un certain temps à être mises en pratique». 

De plus, «le port d'un couvre-visage ou d'un masque dans les endroits où la distance de 2 mètres est difficile à respecter n'est pas une obligation, bien que ce comportement soit fortement recommandé», a indiqué la porte-parole du CIUSSS, Geneviève Lemay.

Selon cette dernière, de l'affichage est en cours de production et sera installé dans les prochaines semaines dans toutes les installations afin d'encourager le port du couvre-visage ou du masque.

«Pour ce qui est des membres du personnel, des directives internes leur seront également adressées dans les prochains jours», a-t-elle indiqué.