Un certain nombre de villes canadiennes ont choisi d'adapter leur défilé du père Noël pour permettre aux personnes atteintes de troubles du spectre autistique et d'autres sensibilités de participer aux festivités.

Plusieurs villes adaptent leur défilé du père Noël pour les autistes

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Le temps des Fêtes avec ses lumières clignotantes et ses chants de Noël parfois assourdissants dans les lieux publics et les centres commerciaux n'est pas toujours joyeux pour les personnes souffrant de troubles sensoriels.

Face à ce problème, un certain nombre de villes canadiennes ont choisi d'adapter leur défilé du père Noël et les espaces commerciaux pour permettre aux personnes atteintes de troubles du spectre autistique et d'autres sensibilités de participer aux festivités.

À Saint-Jean, sur Terre-Neuve, une section de la rue Water a été désignée comme une «zone sensorielle amicale» pour le défilé de dimanche. On a demandé aux participants de baisser le volume des enceintes sonores et d'éteindre les lumières clignotantes. Les groupes ont été invités à ne pas jouer de leurs instruments.

«Nous avions entendu dire que d'autres défilés étaient en train d'adopter des mesures semblables. Le problème était un peu sur notre radar, dit Gaylynne Gulliver de la Commission des affaires du centre-ville de St-Jean. Nous pourrions prendre ce petit coin où les gens peuvent rester au calme et voir comment ça se passe.»

La logistique a été un défi difficile à relever, reconnaît Mme Gulliver. Son organisme a collaboré avec la Société de l'autisme de Terre-Neuve-et-Labrador pour organiser le tout.

Des bénévoles ont été dépêchés sur les lieux pour obtenir des commentaires des participants.

Selon Sarah White, de la Société de l'autisme, la surcharge sensorielle et les changements imprévus à la routine peuvent contribuer à rendre le temps des Fêtes particulièrement difficile pour les personnes atteintes de troubles du spectre de l'autisme

Selon elle, le défilé de cette année pourrait représenter une première emballante pour les familles qui avaient évité ceux du passé à cause de la sensibilité d'un enfant aux bruits soudains, aux lumières vives ou aux odeurs intenses.

«Certains veulent aller au défilé. Ils ont même peut-être tenté de s'y rendre plus fois avant de rebrousser chemin parce qu'ils se sentaient submergés, souligne Mme White. Ils ont maintenant la possibilité d'ajouter le défilé à leur tradition de Noël.»

D'autres villes canadiennes, comme Quispamsis, au Nouveau-Brunswick, ou Sault Ste. Marie, en Ontario, ont emboîté le pas.

Dominique Payment, d'Autisme Canada, reconnaît que l'organisation était au courant des efforts menés par des petites villes canadiennes pour rendre les activités communautaires du temps des Fêtes plus inclusives.

«Nous en voyons de plus en plus», a-t-elle dit.

Mme Payment espère que St-Jean sera imitée par les autres grands centres urbains du pays. «Cela donnerait un bon exemple dans tout le pays.»

Des centres commerciaux de l'ensemble du pays se sont mis aussi au diapason. Certains ont formé un père Noël afin de répondre aux besoins des enfants bouleversés par l'achalandage ou les longues files d'attente. Des épiceries de la chaîne Sobeys ont instauré des horaires plus conviviaux.

Selon un rapport publié l'an dernier par l'Agence de la santé publique du Canada, environ un enfant âgé de 5 à 17 ans sur 66 a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l'autisme.