Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, était de passage à Granby mercredi en compagnie du député de Shefford, Pierre Breton.

Plus jamais de Lac-Mégantic, assure le ministre Marc Garneau

De passage à Granby, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a affirmé que la population n’a plus à craindre une autre tragédie comme celle survenue il y a cinq ans à Lac-Mégantic.

« Après ce qui est arrivé à Lac-Mégantic, le Bureau de la Sécurité des Transports a fait une enquête exhaustive et a émis des recommandations à Transports Canada, a affirmé le ministre lors d’une entrevue avec La Voix de l’Est. On sait exactement ce qui s’est passé et nous avons pris diverses mesures pour s’assurer que plus jamais, un tel accident ne se reproduise. »

« Nous avons établi des limites de vitesse pour les trains qui transportent des matières dangereuses. Les contraintes sont encore plus grandes lorsqu’ils circulent près des lieux où la densité de population est plus grande. Nous avons accéléré le retrait des wagons-citernes DOT-111, accéléré d’un an la révision de la Loi sur la sécurité ferroviaire, obligé les locomotives à être dotées d’enregistreurs audio et vidéo et exigé des compagnies ferroviaires qu’un système de freinage secondaire soit actionné quand un train est immobile afin de prévenir le mouvement de celui-ci », énumère-t-il entre autres initiatives.

Le ministre indique avoir une relation cordiale avec la Central Maine & Quebec Railway, l’entreprise qui a repris les infrastructures de la Montreal Maine & Atlantic, responsable de la tragédie. « Ils sont très conscients qu’il y avait un historique avec la MMA, affirme M. Garneau. Ils veulent être de bons citoyens corporatifs et être perçus comme une compagnie qui fait les choses de la bonne façon. »

D’ailleurs, toutes les compagnies ferroviaires entretiennent les tronçons de chemin de fer qui leur appartiennent, et ceux-ci sont imputables de cet entretien, quitte à être ramenés à l’ordre par le ministère. « Ce n’est pas dans leur intérêt de dérailler, surtout quand ils transportent des matières dangereuses. Transports Canada a également un rôle d’inspection et de vérification des rails. Il est faux de croire que l’industrie s’autorégule sans surveillance aucune », relève M. Garneau, sans toutefois s’avancer davantage.

Le ministre s’est d’ailleurs montré favorable à des projets de trains de passagers, comme celui liant Montréal à Sherbrooke. Le tout relèvera toutefois de Via Rail, dit-il, qui tranchera sur la viabilité du projet. « Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour offrir un nouveau service, à savoir quel achalandage celui-ci pourrait générer et si ce service serait rentable ou non », explique-t-il.

Prendre le train présente plusieurs avantages, avance le ministre Garneau. C’est plus confortable, plus écologique et cela permet d’éviter la congestion routière. « Mais beaucoup de gens sont encore attachés ou habitués à leur voiture. Il faut se demander quels sont les incitatifs à mettre en place pour les faire prendre le train. »

Soutenir les aéroports régionaux...

« L’aéroport [Roland-Désourdy de Bromont] est très important dans notre région, mais c’est l’oeuf ou la poule, déplore le député de Shefford, Pierre Breton, présent lors de l’entretien. L’aéroport a besoin de compagnies pour se développer, mais si elle ne se développe pas, elle peine à attirer des compagnies aériennes. Il y a déjà eu beaucoup de travail de fait en ce sens. »

D’autres aéroports régionaux du Canada sont aux prises avec le même dilemme, souligne Marc Garneau. La clé de voûte, reconnaît le ministre, passe souvent par une compagnie aérienne prête à offrir des départs réguliers. « Un aéroport peut être un moteur économique important, concède-t-il. Le potentiel est là, mais il faut voir comment on peut faire pour que tout s’envole. Ça commence souvent avec une étude coordonnée qui démontre le besoin et la pertinence d’un service. »

Malheureusement, comme il s’agit de décisions d’affaires, il n’est pas possible d’imposer à une compagnie aérienne d’offrir un service là où elle ne le juge pas rentable, renchérit le ministre.

Selon lui, la modernisation de la Loi sur les transports, qui permet maintenant aux nouvelles lignes aériennes de recevoir des investissements étrangers pouvant représenter jusqu’à 49 % de son financement, pourrait mener à la création de nouveaux joueurs dans l’industrie, des joueurs qui pourraient ouvrir des marchés jusqu’alors boudés par les compagnies existantes.

... et l’industrie

Ottawa soutient également les acteurs de l’industrie aéronautique et aérospatiale, un créneau d’avenir dans lequel le Canada se démarque, ajoute le ministre.

« Pour un pays de 36 millions de personnes, c’est remarquable un cinquième rang mondial », constate M. Garneau, qui cite en exemple Bombardier, Héroux-Devtek et CAE. L’industrie aérospatiale emploie tout près de 200 000 Canadiens en plus de générer des revenus de près de 28 milliards de dollars, précise l’élu.

Selon le député de Shefford, la région est d’ailleurs devenue un joueur important dans la chaîne d’approvisionnement de l’industrie au niveau mondial. « L’industrie prend de plus en plus de place ici, notamment dans nos parcs industriels. Nous avons développé des expertises et nos entreprises fournissent des pièces à plusieurs autres dans le monde, en plus de créer des centaines d’emplois », explique Pierre Breton.

« On a beaucoup de talents au Canada. Notre rôle, comme gouvernement, est d’encourager et soutenir l’industrie et l’innovation », rappelle le ministre Garneau.

Transports Canada est impliqué dans la certification, une étape essentielle en aéronautique et en aérospatiale. « La certification de Transports Canada envoie le message dans le monde entier que le produit rencontre les exigences de sécurité, explique M. Garneau. C’est quelque chose qui fait l’envie d’entreprises dans bien d’autres pays. »