Le chef du conseil de bande de Pessamit, René Simon
 Le chef du conseil de bande de Pessamit, René Simon

Pessamit et Wemotaci menacent de perturber les projets d’Hydro-Québec au Massachusetts

Léa Martin
Léa Martin
Le Soleil
Les Innus de Pessamit et les Atikamekws de Wemotaci s’allient pour dénoncer la «mainmise du gouvernement du Québec et d’Hydro-Québec sur leurs territoires traditionnels» et menacent de «faire dérailler» le projet de ligne de transport d’électricité passant par le Maine et le Massachusetts si leurs demandes ne sont pas enfin entendues. 

«Je pense que le message est lancé […] S’il n’y a pas d’amélioration du côté d’Hydro, du côté du gouvernement du Québec, on va faire une campagne publicitaire contre eux comme on l’a déjà fait», a déclaré le chef du conseil de bande de Pessamit, René Simon, en conférence de presse à Québec, mardi. 

Les deux nations disent avoir des alliés de l’autre côté de la frontière, entre autres depuis la campagne contre le projet Northern Pass au New Hampshire. Ils n’auront pas peur de perturber leurs travaux et de s’allier à d’autres groupes si leurs voix ne retentissent pas assez fort, affirment-ils.

Les deux nations demandent réparation pour les 33 ouvrages de production, 130 barrages et digues, 10 400 km carrés de réservoirs, les dizaines de milliers de kilomètres de lignes de transport de distribution et de routes construits «illicitement» et «sans autorisation», disent-ils, sur leur territoire. Des compensations financières qui seront évaluées par des experts comptables, mais qui pourraient s’élever à plusieurs «milliards de dollars», selon René Simon. 

Ils veulent être entendus et faire partie du développement économique possible grâce aux ressources qui se trouvent sur leur territoire, font remarquer les chefs. «Actuellement, 36 % de la puissance hydroélectrique installée par Hydro-Québec provient de territoires traditionnels Innus, Atikamekws et Anishnabegs protégés par des droits qui n’ont jamais été respectés», indique le chef René Simon. 

Arrêter l’exclusion

«On veut une entente en dehors de négociations globales», déclare le conseiller pour la communauté de Wemotaci, Guy Laloche. «On veut aussi une entente sur les préjudices du passé».

Outre une compensation financière pour les torts des décennies précédentes, les chefs veulent aussi une meilleure intégration des communautés dans les projets de développement économique sur leurs territoires. Comme indique la vice-chef des Atikamekws de Wemotaci, Alice Quoquochi, «notre population augmente. Des jeunes, il y en a de plus en plus et on veut travailler pour leur avenir». 

Pour ce faire, ils veulent qu’il y ait un meilleur accès à la formation. «On a un rattrapage socio-économique à faire qui doit être plus rapide», ajoute Guy Laloche. «On ne veut plus sacrifier d’autres générations dans la pauvreté». 

Le conseiller pour la communauté de Wemotaci Guy Laloche