Dans une lettre envoyée le 15 janvier au premier ministre François Legault, le président du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, rappelle que le tireur, Alexandre Bissonnette, avait des antécédents en matière de troubles mentaux et qu’aucun proche ne l’avait signalé aux autorités.

Permis d’armes à feu: le président du Centre islamique de Québec écrit à Legault

À quelques jours de l’entrée en vigueur de la Loi sur l’immatriculation des armes à feu, le président du Centre culturel islamique de Québec demande au gouvernement Legault d’inclure la vérification systématique des antécédents de troubles mentaux des propriétaires d’armes d’épaule.

La loi entrera en vigueur le 29 janvier, date symbolique qui marquera la seconde année de commémoration de la tuerie de la Grande Mosquée de Québec, qui a fait six victimes et cinq blessés graves en 2017.

Dans une lettre envoyée le 15 janvier au premier ministre, François Legault, Boufeldja Benabdallah, rappelle que le tireur, Alexandre Bissonnette, avait des antécédents en matière de troubles mentaux et qu’aucun proche ne l’avait signalé aux autorités. 

«Étonnamment, aucune vérification de la sorte n’est effectuée lorsqu’un candidat pour un permis de possession nie avoir eu des épisodes dépressifs sur le formulaire de demande», écrit le président Benabdallah, en faisant référence à Bissonnette qui avait menti aux autorités lors d’une précédente demande.

«Il est clair que la vérification systématique et une meilleure sensibilisation du public quant à l’importance de signaler les comportements à risque constituent deux améliorations cruciales aux contrôles qui visent à empêcher l’accès aux armes à des personnes à risque», précise-t-il.

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Intégrale de la lettre envoyée au premier ministre (1)
Intégrale de la lettre envoyée au premier ministre (2)

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«POUR L'INSTANT, IL N'Y A RIEN DE PRÉVU DE PLUS QUE CE QUI EXISTE ACTUELLEMENT»

Interrogé lundi sur la demande de Boufeldja Benabdallah, le premier ministre François Legault a déclaré qu’il n’envisageait pas de modifier la loi provinciale. «Pour l’instant, il n’y a rien de prévu de plus que ce qui existe actuellement», a affirmé M. Legault à Paris, où il effectue une visite officielle.

Mais M. Benabdallah a déclaré lors d’un entretien téléphonique qu’il ne demandait pas à M. Legault de nouvelles dispositions législatives, mais simplement de meilleures vérifications.

«On a l’intention de faire respecter la loi. Il y a des gestes de prévention qui vont être posés. [...] Mais on n’a pas de nouveau projet de loi en tête», a simplement dit M. Legault.

M. Benabdallah s’inquiète également de l’influence du lobby proarmes à feu et demande instamment à M. Legault de ne pas retarder l’application de la loi.

Guy Morin, un militant proarmes à feu, a appelé les gens à «attendre la dernière minute» pour se conformer à la loi. Il avait affirmé en décembre espérer que le registre serait aboli ou que le faible nombre de personnes enregistrées empêcherait une application de la loi.  La Presse canadienne