Une manifestation a été organisée, mardi, par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec devant le Centre d’hébergement Christ-Roy du boulevard Wilfrid-Hamel.

Pénurie de médecins en CHSLD: les infirmières manifestent à Québec

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a manifesté mardi dans la capitale pour «dénoncer l’absence de médecins dans plusieurs CHSLD», cela même si le gouvernement et les omnipraticiens auraient trouvé un remède à la pénurie.

Des personnes âgées sont régulièrement transférées à l’hôpital pour des blessures et des pépins de santé qui pourraient être traités sur place par un docteur, rappelle à regret la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Capitale-Nationale, Patricia Lajoie. Par exemple : une de ses patientes a été transportée en ambulance vers l’urgence pour une infection bénigne; une source de stress pour la dame et un accaparement des ressources inutile, selon elle.

Dans des dossiers bien plus tragiques, des aînés en fin de vie se retrouvent dans un couloir hospitalier simplement parce que leur médication antidouleur doit être ajustée, poursuit-elle. Certains ne reviennent jamais vers leur chambre, meurent sur place.

«Sur le terrain, ça se vit difficilement. Pour le patient, pour la famille et aussi le professionnel en soins parce que là on leur rajoute des responsabilités, on rajoute des tâches, mais on ne rajoute pas de personnel.»

La situation serait particulièrement critique à Québec où environ 275 personnes hébergées seraient en «découverture médicale», selon les statistiques compilées par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale. 

De son côté, le syndicat estime plutôt à 734 le nombre de personnes de la région qui n’ont pas accès à un médecin en CHLSD depuis l’automne.

Entente

Une entente a toutefois été conclue récemment entre le gouvernement et les médecins dans l’espoir de régler le dossier, a confirmé Le Soleil mardi matin. L’État reconnaîtra l’importance des patients en CHSLD, ce qui devrait stimuler certains omnipraticiens à les rencontrer dans les lieux de résidence. Le coût de cette mesure n’a cependant pas été révélé.

C’est d’ailleurs dans Le Soleil que la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a appris la nouvelle d’une entente, sans que personne en autorité ne lui ait transmis de détails. 

En point de presse devant le Centre d’hébergement Christ-Roy du boulevard Wilfrid-Hamel, mardi, elle a donc critiqué le gouvernement: «Il y a urgence d’agir. […] Tant mieux, on reçoit favorablement qu’il y ait une entente. Mais ce qu’on veut rapidement c’est la connaître, c’est la faire connaître aux professionnels en soins. Et c’est de savoir quand on va avoir des médecins qui vont couvrir les CHSLD.»

«Peut-on avoir de la transparence, peut-on savoir rapidement comment on va régler cette problématique-là.»

Patricia Lajoie, du syndicat local, propose également d’élargir les pouvoirs d’administration de médicaments des infirmières et des inhalothérapeutes. Aussi, l’État pourrait embaucher plus d’infirmières praticiennes dans les CHSLD puisqu’elles peuvent prescrire plus de molécules.