Pascal Gagnon subit son procès pour meurtre au palais de justice de Sherbrooke. 
Pascal Gagnon subit son procès pour meurtre au palais de justice de Sherbrooke. 

Pascal Gagnon subit son procès pour meurtre

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — En reconnaissant le meurtre au deuxième degré d’Érick Lavoie en ouverture de son procès, Pascal Gagnon de Sherbrooke consent à être condamné à la prison à vie au terme de son procès qui s’est ouvert, lundi, au palais de justice de Sherbrooke.

L’individu de 52 ans est accusé du meurtre au premier degré de son ancien partenaire d’affaires le 4 décembre 2017 sur la rue Bordeaux dans le secteur Rock Forest.

La peine pour le meurtre au premier degré est la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans, tandis que le meurtre au second degré est aussi passible de la prison à vie, mais où la possibilité de libération conditionnelle varie de dix à 25 ans.

Chemise lignée, masque blanc, Gagnon assiste à son procès flanqué de deux agents des services correctionnels.

Dès l’ouverture du procès, l’avocat de la défense Me Marc-Andre Champagne de l’aide juridique a déposé une série d’admissions au juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure.

Les avocats de l’aide juridique Me Caroline St-André et Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.

Il a mentionné que l’audition des témoins aura davantage comme objectif de constituer des observations sur la peine.

« On se dirige vers un procès pour distinguer le meurtre premier du meurtre deuxième degré. Tous les éléments essentiels pour se rendre au meurtre deuxième sont admis », a mentionné Me Champagne au tribunal.

Une série de 29 admissions ont été déposées au juge Dumas.

« Les pièces des admissions seront déposées avec les témoins concernés », a indiqué la procureure aux poursuites criminelles, Me Geneviève Crépeau.

La conjointe d’Érick Lavoie, Mélanie Lizotte a témoigné au procès de Pascal Gagnon.

La conjointe de la victime à la barre

La conjointe de la victime, Mélanie Lizotte, a été le premier témoin appelée à la barre.

La femme de 44 ans a partagé sa vie pendant 19 ans avec Érick Lavoie. Le couple avait deux enfants de 12 et 15 ans au moment du drame survenu à la résidence familiale à quelques semaines de Noël en 2017.

Érick Lavoie était un technicien informatique qui avait été associé avec Pascal Gagnon.

C’est à la fin de sa déclaration aux policiers que Mélanie Lizotte a appris que Pascal Gagnon avait été arrêté pour le meurtre de son conjoint.

« Je n’étais pas dans le secret des dieux de leur relation d’affaires. Au début, la relation allait bien. Ils faisaient un bon team. À un moment donné, c’est devenu plus difficile. Pascal était malade. Il ne rentrait pas tout le temps. Il n’arrivait plus dans ses contrats étant donné qu’il y avait trop de job et qu’il était seul. Il avait rencontré Pascal pour qu’il se ressaisisse. Il lui avait laissé une autre chance. Puis Érick a mis fin à leur relation d’affaires autour de 2015 ou 2016 », souligne Mme Lizotte qui n’avait jamais soupçonné que Pascal Gagnon pourrait être l’auteur du meurtre de son conjoint.

Rien ne laissait présager le drame survenu le 4 décembre 2017. Le père de famille avait soupé avec ses enfants avant d’aller faire de la maintenance informatique chez des clients en soirée.

« Érick est revenu vers 22 h 15. Je l’ai entendu rentrer. Je suis allé le voir et il n’était pas prêt à venir se coucher. Je lui ai demandé de venir me border. C’était notre moment à nous où l’on se raconte notre journée. Il m’avait parlé de ses commissions pour Noël et de la maintenance faite à mon bureau. Il est redescendu au sous-sol écouter la télé avec notre chien. J’ai été réveillé par un gros bruit comme quelque chose qui tombait. J’ai appelé Érick. Il ne répondait pas. J’essayais de voir ce qui était tombé. Je me suis avancé. J’ai vu ses pieds. Il était couché dans l’entrée (...) On dirait que le temps est suspendu. Je ne vois plus les images du sang. Je sais que je l’ai dit aux policiers, mais je ne m’en souviens plus », raconte avec aplomb sa conjointe au tribunal.

Elle a constaté la présence de pièces métalliques au sous-sol de sa résidence.

« Une policière m’a dit que c’était des douilles. On m’a dit de ne pas y toucher. Je ne savais pas c’était quoi. C’était une pièce métallique cylindre. Je ne comprenais plus », indique Mme Lizotte qui avait confirmé aux policiers qu’il n’y avait aucune arme à la maison.

La belle-mère de Gagnon à la barre

Louise Marchand, la belle-mère de Pascal Gagnon, a été appelée à la barre comme dernier témoin de cette première journée de procès.

Cette dernière avait gardé contact avec Érick Lavoie qui avait eu une relation amoureuse avec sa fille il y a plusieurs années.

Louise Marchand avait mis Pascal Gagnon en relation avec Érick Lavoie, afin qu’il l’aide dans sa formation comme technicien informatique.

« Érick a offert à Pascal de le former. Au début, ils s’entendaient très bien. Ils étaient très complices. Érick a demandé à Pascal de s’associer. Il avait offert 20 pour cent de la compagnie pour 37 000 $. J’ai décidé d’aider Pascal en lui donnant l’argent pour l’aider et pour aider ma fille », explique Mme Marchand.

Elle a constaté que la relation s’était envenimée entre Pascal Gagnon et Érick Lavoie avec les difficultés rencontrées par la compagnie informatique.

« Un jour, Pascal a appelé à la maison parce qu’il était fâché. Il m’a dit qu’il venait de voir Lavoie. Il a dit : “ Je vais le tuer. J’ai déjà tué. ” Je ne comprenais pas pourquoi il était si fâché. Je n’ai pas pris cette menace-là au sérieux », a indiqué Louise Marchand.