Le Farnhamien Simon Desmeules a un objectif bien précis en tête: devenir camionneur, et ce, même s’il est paraplégique.
Le Farnhamien Simon Desmeules a un objectif bien précis en tête: devenir camionneur, et ce, même s’il est paraplégique.

Paraplégique et camionneur: la volonté de Simon

La détermination et la volonté peuvent pousser les humains à se dépasser. À accomplir de grands exploits. Parlez-en à Simon Desmeules. Paraplégique à la suite d’un accident, le trentenaire est sur le point de devenir... camionneur!

«Je veux être dans un domaine qui va me valoriser, dit le Farnhamien. J’avais besoin d’un emploi assis, mais je ne me voyais pas dans un bureau devant un ordinateur. Être enfermé entre quatre murs? Non. En camion, tu vas me dire que c’est entre quatre murs, mais ton paysage change tout le temps. Devant toi, c’est toujours variable.»

Son désir de travailler dans le transport routier est né à la suite d’un accident de véhicule tout-terrain qui a chamboulé sa vie. C’était en juin 2012. Il est devenu paraplégique. Ses plans de carrière ont été revus, impossible pour lui désormais de compléter sa formation de «bûcheron» à La Tuque, raconte-t-il.

Déterminé à devenir camionneur, il s’est allié avec un voisin qui exerce ce métier pour préparer un dossier qu’il a présenté au Centre de formation du transport routier de Saint-Jean-sur-Richelieu dans l’ultime espoir d’y être admis. Il a également sollicité l’aide de certains spécialistes pour atteindre son objectif.

«Ça fait trois ans que mon but est de devenir camionneur. J’ai dû trouver un ergothérapeute qui voulait m’aider. Je lui ai présenté mon plan de match, un scénario et il a accepté de m’aider», explique le sympathique trentenaire.

La suite? Il a intégré le programme et a complété avec succès le volet théorique de la formation en mai 2019. «J’ai mon permis d’apprenti classe 1. J’ai reçu un courriel cette semaine pour m’annoncer que mon camion est prêt et que la dernière inspection sera le 27 mai. Ensuite, j’aurai un prof attitré. Je vais pratiquer quatre, cinq heures sur la route par jour. Je vais conduire un camion automatique, donc ça va être plus rapide à apprendre.»

Si tout se déroule comme prévu, l’homme âgé de 31 ans devrait compléter sa formation d’ici le mois de septembre pour ensuite se dénicher un emploi. Son handicap ne l’empêche pas de conduire un poids lourd, à condition qu’il soit accompagné d’un collègue en tout temps.

Son souhait est de travailler au sein d’une entreprise qui mise sur le camionnage en duo, une pratique courante pour les entreprises qui effectuent du transport sur de longues distances. Il est d’ailleurs en communication avec deux d’entre elles.

«Le côté réticent est par exemple est-ce que ma situation médicale pourrait changer en Ontario? Ou dans certains états américains, est-ce que ça m’empêcherait de conduire? Elle est là, la problématique, soulève-t-il. En même temps, j’ai besoin d’un partner qui comprend ma condition. On se partage les tâches. Je suis là pour travailler!»

Sa condition physique, explique celui qui est actuellement caissier dans un supermarché, n’est pas du tout un obstacle pour effectuer l’inspection du camion ou d’ouvrir le capot. «Il n’y a pas de problème. Que des solutions. J’essaie de me débrouiller, de m’adapter à ma réalité. Il y a 10 ans, j’avais mes deux jambes et je n’avais pas besoin de m’adapter. Aujourd’hui, partout où je vais, je dois m’adapter. J’essaie de construire autour de mes problématiques. À l’école comme à l’emploi, je trouve un plan B pour être le plus autonome et plus productif possible.»

Simon Desmeules ne sera pas le premier Québécois paraplégique à devenir camionneur. Certains, qui travaillaient déjà dans le domaine et qui ont maintenant un handicap, sont retournés au travail en conduisant un véhicule avec une transmission automatique et adapté à leur condition.

En revanche, le Farnhamien pourrait être le premier à suivre une formation pour devenir camionneur alors qu’il ne l’était pas au moment où sa condition physique a changé.