Près de 200 manifestants ont scandé des slogans mercredi midi, à Ottawa, dénonçant le « fiasco » du système de paye Phénix.

«On va continuer à se battre»

«On travaille, vous payez», «On mérite mieux», «Honte à eux» ou encore «On ne baissera pas les bras». Voilà quelques-uns des slogans scandés ou des messages inscrits sur des affiches mercredi à Ottawa lors d’une manifestation organisée pour souligner le deuxième anniversaire de l’implantation du tristement célèbre système de paie Phénix.

Le ras-le-bol était palpable dans la foule composée d’environ 200 fonctionnaires venus se faire entendre le temps de l’heure du dîner devant le bureau du président du Conseil du Trésor, Scott Brison, à l’invitation de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Chapeaux sur la tête et tambours à la main, bon nombre d’entre eux arboraient des t-shirts orange sur lesquels on pouvait lire «Brûlés par Phénix».

Au lendemain du dépôt du budget fédéral dans lequel le gouvernement annonce qu’il compte éventuellement abolir Phénix tout en injectant une somme additionnelle de 431 millions $ sur six ans pour «continuer à réaliser des progrès relatifs aux problèmes qui y sont liés», plusieurs estiment que c’est trop peu trop tard.

Le vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada, Larry Rousseau, n’a pas mâché ses mots envers le gouvernement fédéral, affirmant que ce virage à 180 degrés du fédéral n’est que de la «poudre aux yeux».

«Il faut absolument que tout le monde soit compensé. Ils nous ont promis une Cadillac, on a fini par payer une Roll’s Royce et ils nous ont livré de la scrap», s’est-il écrié avant de lâcher un juron au micro.

Le vice-président exécutif national de l’AFPC, Chris Aylward, a souligné qu’une telle situation serait impensable dans le secteur privé et que ce «fiasco» aura coûté jusqu’ici plus d’un milliard $ aux contribuables, alors que l’ancien gouvernement conservateur estimait la facture à 70 millions $ par an.

Fonctionnaire pour Service Canada et représentant syndical, le Gatinois Carl Lafrenière a subi des contrecoups de Phénix, ayant été privé de paie pendant deux mois et demi en 2016.

«Ç’a affecté ma pension alimentaire, entre autres. J’ai reçu des lettres du gouvernement m’informant que c’était criminel de ne pas payer la pension. J’ai dû appeler le centre de paye, mais ils sont tellement débordés qu’il y a une limite à ce qu’ils pouvaient faire. J’ai été chanceux, ma famille m’a supporté, mais d’autres n’ont pas ce luxe-là. [...] Il y a tellement de monde affecté. Le gouvernement doit travailler sur quelque chose. Ils ne peuvent pas ne pas nous avoir entendus, ça fait deux ans qu’on chante la chanson. Un peu plus et ils rient de nous», a-t-il lancé.

D’autres manifestations avaient lieu simultanément dans plusieurs villes d’un océan à l’autre.