Olymel a annoncé, mardi, qu’elle fera l’acquisition de tous les actifs de l’entreprise d’Ange-Gardien F. Ménard, à l’exception de la division des volailles.

Olymel achète F. Ménard

La Coop fédérée, propriétaire d’Olymel, a annoncé mardi qu’elle fera l’acquisition de tous les actifs de l’entreprise F. Ménard dans le domaine du porc et des meuneries. La division des volailles n’est pas concernée par cette entente. L’importante transaction, dont le montant n’a pas été précisé, est soumise à l’approbation du Bureau de la concurrence.

D’ici là, les entreprises impliquées poursuivront leurs activités habituelles de manière autonome.

Alors que la rumeur circulait depuis plusieurs mois, Richard Vigneault, aux communications corporatives chez Olymel, a confirmé que la transaction est le fruit d’échanges de longue haleine, sans donner une idée précise de la durée des négociations. 

Du côté de la direction de F. Ménard, on se réjouit de ce changement.

« [La décision] a été prise afin d’assurer la pérennité ainsi qu’un futur prometteur à l’entreprise. Le choix d’un acheteur canadien tel qu’Olymel s’est imposé comme une décision d’avenir », est-il mentionné dans une communication interne de F. Ménard dont La Voix de l’Est a obtenu copie. 

Le directeur général de l’entreprise d’Ange-Gardien, Luc Ménard, a indiqué que la transaction est le résultat d’une « longue réflexion stratégique ». 

Il a poursuivi en affirmant que la Coop fédérée dispose de « racines profondes au Québec » et que sa présence est de plus en plus importante au Canada.

Porc et meuneries

Ainsi, Olymel achètera les fermes porcines de F. Ménard, l’usine de Saint-Jean-sur-­Richelieu et l’établissement d’abattage, de découpe et de désossage de porc d’Ange-Gardien. 

À Henryville, l’usine de surtransformation spécialisée dans la production de bacon sera aussi acquise. 

Une flotte de camions de même que les deux boucheries de Saint-Alphonse-de-Granby et Ange-Gardien seront sous la gestion d’Olymel. 

Les deux meuneries basées à Saint-Pie-de-Bagot et à Ange-Gardien, ainsi que les installations destinées à l’entreposage et au séchage des grains à Sainte-Brigide-d’Iberville passeront aux mains de l’autre filiale de la Coop fédérée, Sollio Agriculture.

« Olymel dispose de tous les atouts et de l’expertise pour non seulement faire grandir F. Ménard, pousser encore plus loin son savoir-faire, mais aussi profiter de la croissance induite par cette transaction pour encore mieux concurrencer des entreprises de taille mondiale sur l’ensemble des marchés », a affirmé le président du conseil de la Coop fédérée, Ghislain Gervais.

Plusieurs détails entourant la transaction sont en suspens, notamment concernant la marque de commerce F. Ménard.

Est-ce qu’elle subsistera ? « Je ne peux pas répondre à cette question. Il faut attendre la décision du Bureau de la concurrence. Mais quand on a acheté Triomphe et Pinty’s, on a gardé les marques », a dit Richard Vigneault. 

F. Ménard n’a pas voulu accorder d’entrevue à La Voix de l’Est concernant cette transaction tout comme plusieurs employés questionnés. 

Olymel emploie 13 000 personnes et son chiffre d’affaires annuel est de 3,5 milliards de dollars. L’entreprise possède des établissements de production et de transformation au Québec, en Ontario, en Alberta, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan.

F. MÉNARD, UNE ENTREPRISE FAMILIALE

Fulgence Ménard a crée F. Ménard en 1961. Aujourd’hui, trois de ses fils sont à la tête de l’entreprise qui compte plusieurs divisions et de nombreuses adresses. 

L’entreprise gardangeoise produit annuellement plus d’un million de porcs élevés auprès de 300 fermes de partout au Québec. Cela constitue plus de 15 % de l’ensemble de la production québécoise. 

F. Ménard fonctionne toujours selon un modèle de production intégrée, c’est-à-dire qu’elle contrôle toute la chaîne de production du porc, de la naissance jusqu’à l’assiette. 

Ses activités vont de la génétique à la mise en marché, en passant par l’alimentation, l’élevage, l’abattage, la transformation et la surtransformation. 

La marque F. Ménard offre un large éventail de produits distribués tant au Canada que sur les marchés d’exportation, notamment au Japon et dans une trentaine d’autres pays. 

L’entreprise a également lancé sa propre marque au détail en 2017. 

Pas moins de 1 200 personnes sont à l’emploi de F. Ménard.