Jacques Houde
Jacques Houde

Nouvelle condamnation pour un ex-policier de Shawinigan

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Un ex-policier de la ville de Shawinigan, Jacques Houde, qui a déjà écopé dans le passé d’une peine de 10 ans de prison pour une affaire de complot et de vol à main armée chez un ancien collègue, vient encore une fois d’être condamné mais cette fois-ci pour production et vente illégale de cannabis par le biais d’un dispensaire.

Propriétaire du Bazar Saint-Marc, il a utilisé les locaux de son immeuble pour ouvrir une boutique 710 avec la complicité d’un autre suspect, Guy Bareil. Il s’agissait d’une boutique soi-disant autorisée par Smokes & Vapors, dont Albert-Abraham Krespine est le président. Rappelons-le: ce dernier est également le dirigeant présumé de l’Association des consommateurs de cannabis médical du Québec (ACCMQ).Il fait présentement face à des accusations de complot et de fraude en lien avec l’exploitation de nombreux dispensaires liés à ce réseau un peu partout au Québec. Il aurait incité les détenteurs de franchises à produire et à vendre du cannabis sans avoir les autorisations légales de Santé Canada. Il a fui le pays mais les procédures judiciaires le concernant sont toujours en cours.

Ainsi, Jacques Houde disposait d’un permis de culture à des fins médicales émis par Santé Canada. Or, suivant les conseils de Krespine, il en a plutôt profité pour produire du cannabis en plus grande quantité et d’en faire la vente à des particuliers. Il avait d’ailleurs investi quelques milliers de dollars dans ce projet. Une affiche apposée devant son commerce ne laissait aucun doute sur ses activités. Son présumé complice aurait même vendu du cannabis des agents d’infiltration. En octobre 2018, dans le cadre du projet Portillon, la SQ avait finalement procédé à des perquisitions dans huit dispensaires de cannabis au Québec dont celui de Shawinigan. Jacques Houde avait plus tard été arrêté et avait comparu en avril 2019.

Lors de son récent retour devant le tribunal à Shawinigan, il a plaidé coupable à des accusations de production et possession aux fins de trafic de cannabis. Compte tenu de son âge (83 ans), de ses problèmes de santé et du principe de la parité des peines avec les autres personnes ayant été arrêtées dans le cadre du projet Portillon, il a pu éviter la prison. Il devra plutôt verser 1500$ à l’organisme Cavac et 1500$ au Centre Roland-Bertrand. Il devra également respecter une probation pendant un an et il lui sera interdit d’avoir des armes en sa possession.

La cause de son présumé complice est fixée au 17 septembre.

Rappelons que Jacques Houde avait été condamné en 2008 à 10 ans de prison pour avoir orchestré un vol qualifié à la résidence d’un ancien collègue de travail et ainsi, lui faire un mauvais parti. Celui-ci lui devait présumément une somme de 7500 $ qu’il lui avait avancée pour régler des honoraires professionnels. Or, la preuve avait plutôt révélé que Jacques Houde avait développé une haine viscérale envers la victime et qu’il était prêt à tout pour récupérer son argent.

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Au terme d’un procès, Houde avait entre autres été reconnu coupable de complot. Il avait ensuite porté sa cause en appel. En 2010, à l’unanimité, les trois juges du banc d’appel avaient non seulement maintenu le verdict mais également la sentence de dix ans de prison imposée par le juge de première instance.