Sur la sellette à de nombreuses reprises depuis quelques années, le CISSSO affirme assure s’être «donné les moyens pour que la qualité des soins et des services s’améliore réellement»

Nombreux rapports de coroners: «la rigueur» à améliorer au CISSSO

Se retrouvant encore une fois dans les manchettes en raison du grand nombre de rapports de coroner visant l’organisation, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) «doit s’améliorer» et accroître sa «rigueur» dans la prestation de soins, reconnaît sa présidente-directrice générale, Josée Filion.

La publication du reportage «L’hôpital des erreurs» dans La Presse, lundi, a ébranlé le réseau de la santé de l’Outaouais. Grâce à la compilation de quelque 900 rapports de coroner, La Presse y révélait que de tous les établissements de la province, c’est au sein de l’ancien Centre de santé et de services sociaux de Gatineau qu’il y a eu le plus de décès causés par des accidents médicaux au cours des deux dernières décennies.

Le Droit avait aussi révélé, au cours des deux dernières années, que parmi tous les centres de santé du Québec, c’est celui de l’Outaouais qui a été le plus souvent visé par des recommandations formulées par un coroner depuis le début 2016 - que les décès soient survenus dans un établissement de santé ou ailleurs.

«Les conclusions de l’enquête journalistique de La Presse, de même que les différents rapports de coroner publiés dans les derniers mois visant le CISSS de l’Outaouais, m’interpellent et me secouent, a réagi Mme Filion, mardi. [...] Est-ce que tout est parfait? Inutile de se mettre la tête dans le sable, il est évident que l’on doit s’améliorer. La qualité est la responsabilité de tous.»

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Le CISSSO reste souvent visé par des coroners (2018)

Pour expliquer les nombreux rapports de coroners ayant atterri sur son bureau, la PDG a évoqué «un angle de manque de contrôles», de même qu’un possible manque «de conséquences». «Les gens ne sont pas tous déviants dans leurs pratiques», a-t-elle souligné.

La grande patronne du CISSSO avait invité tous les cadres supérieurs de l’organisation à assister à la conférence de presse. «Tout comme moi, ceux-ci ont une responsabilité envers la qualité des soins et des services offerts en Outaouais», a-t-elle mentionné.

Le CISSSO assure s’être «donné les moyens pour que la qualité des soins et des services s’améliore réellement». «Chaque direction a des objectifs, et ceux-ci seront évalués, a précisé Mme Filion. [...]  La population de l’Outaouais s’attend et a le droit à des soins et des services de qualité, et c’est notre responsabilité d’y répondre.»

«On doit continuellement chercher à améliorer nos pratiques et nos façons de faire, a-t-elle aussi souligné. La rigueur et le respect de celles-ci sont de mise dans chaque geste que nous posons au quotidien, et ce par l’ensemble des employés.»

Après avoir octroyé en juin dernier un contrat de 91 000$ pour obtenir les services d’un expert en gouvernance médicale, le CISSSO souhaite dénicher un autre spécialiste, cette fois pour obtenir «un oeil neuf, un oeil critique» afin de l’appuyer dans ses démarches d’amélioration de la qualité.

Tout en affirmant accorder une grande importance à l’amélioration des services, le CISSSO doit conjuguer les efforts qu’il consacre à cet objectif à une autre réalité, budgétaire celle-là. «On se doit, comme organisation responsable, d’avoir un budget en équilibre», a mentionné Mme Filion, qui soutient avoir les ressources financières adéquates «pour répondre aux besoins de la population». Elle considère donc que «le budget n’est pas un facteur» pouvant expliquer les nombreux rapports de coroners comportant des recommandations visant le CISSSO publiés ces dernières années.

Alors que les syndicats déplorent depuis longtemps le manque d’effectifs et la surcharge de travail qui en découle, Josée Filion estime que cela ne peut pas être une excuse pour justifier une qualité de soins amoindrie. «Un professionnel a l’obligation de donner des soins et services en bonne et due forme, selon les règles de l’art», a-t-elle insisté.

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Parmi les rapports de coroners médiatisés ces dernières années en Outaouais:

- Hôpital de Gatineau: un octogénaire meurt après avoir reçu un opïoide par erreur 

- Asphyxié sous surveillance 

- Questions soulevées sur la mort tragique d’une mère et de son bébé 

- Décès après des mois d’attente pour un rendez-vous  

- Mort faute de «traitement en temps opportun» 

- Hôpital de Hull: Le décès «peut-être évitable» d’un septuagénaire 

- Calvaire mortel à l’Hôpital de Gatineau