En mai 2010, il a sauvagement agressé un passant dans le parc de l’Artillerie du Vieux-Québec. Turbide-Labbé avait poussé sa victime au bas des estrades en plus de le frapper à coups de planche à roulettes. La victime avait eu le nez cassé, une blessure à la tête et plusieurs contusions.

Multirécidiviste: un couteau, pas de bracelet, mais plus «de corde»

Jean-François Turbide-Labbé avait un couteau. Légal ou prohibé; la cour tranchera. Il n’aura pas eu droit au bracelet GPS durant les procédures, mais un juge accepte de lui «donner de la corde».

En mai 2010, il a sauvagement agressé un passant dans le parc de l’Artillerie du Vieux-Québec. Turbide-Labbé avait poussé sa victime au bas des estrades en plus de le frapper à coups de planche à roulettes. La victime avait eu le nez cassé, une blessure à la tête et plusieurs contusions.

Cette agression n’était que la dernière d’une longue liste de gestes violents. Parmi eux, des méfaits au centre jeunesse, des agressions d’agents des services correctionnels en prison, des voies de fait contre un policier et des coups de bouteille de bière sur un client du défunt bar Le Palladium.

L’agression à la planche à roulettes lui a valu une peine de six ans et demi de prison. La Couronne avait obtenu que Turbide-Labbé soit déclaré délinquant dangereux; elle a finalement abandonné cette requête.

Il sort de détention en 2016, après avoir passé la majeure partie de sa vie adulte derrière les barreaux.

Anxieux, Jean-François Turbide-Labbé a eu besoin de l’aide d’intervenants sociaux pour réapprendre le quotidien. À ce jour, il n’a pas réussi à obtenir son permis de conduire, trop angoissé par la vitesse.

Jean-François Turbide-Labbé a terminé un cours de soudure et travaillé sur plusieurs chantiers, dont Industries Davie.

Il a effectué tous ses travaux communautaires, suivi une thérapie psychosociale, apparaît motivé et impliqué. Ce n’est plus le «volcan» que tous décrivaient, assure son intervenant social, Jason Bowles.

Un couteau à la ceinture

Le 21 février 2018, une femme en pleurs appelle le 9-1-1. Son ex-conjoint Jean-François Turbide-Labbé est à la porte de son domicile, rue des Bouleaux à Beauport, et lance des morceaux de glace à la fenêtre.

À l’arrivée des policiers, Turbide-Labbé a quitté les lieux. Son véhicule est localisé peu de temps après.

L’homme est mécontent, mais collabore bien, témoignent les policiers. Il explique qu’il s’était rendu chez son ex-copine pour la questionner sur l’identité du père de l’enfant qu’elle portait.

Il sera arrêté pour harcèlement. La jeune femme ne portera jamais plainte. Lors de la fouille avant l’entrée en cellule, les policiers trouvent un couteau (manche de 12 cm, lame rétractable de 10 cm) à la ceinture de Turbide-Labbé, à l’intérieur de son pantalon.

L’homme précise qu’il s’est déjà fait poignarder par le passé. Il a acheté ce couteau au marché aux puces. Son avocat Me Frédéric Rousseau en a vu des semblables dans trois magasins de chasse et pêche.

Aux yeux de la Couronne, le couteau s’ouvre automatiquement, ce qui en fait une arme prohibée. En salle de cour il y a quelques jours, l’enquêteur du SPVQ qui manipulait le fameux couteau a dû s’y reprendre à deux fois pour déployer la lame.

C’est la preuve, croit la défense, que le couteau a un mécanisme d’ouverture assistée et non automatique. Il est donc légal, dit la défense.

Jean-François Turbide-Labbé devra subir son procès pour possession d’arme prohibée. Depuis plusieurs années, il lui est interdit par la cour de posséder une arme prohibée, et ce, à perpétuité. Mais pas un couteau, précise son avocat.

Pas de bracelet électronique

D’ici là, Turbide-Labbé veut pouvoir travailler comme soudeur. Ses conditions de remise en liberté, à savoir ne pas être en présence d’individus ayant des antécédents criminels et ne quitter la maison qu’en présence de ses parents, contrecarrent ce projet, dit-il.

Son avocat avait proposé à la cour de munir l’accusé d’un bracelet GPS, qui aurait toujours indiqué en temps réel sa localisation et qui aurait prévenu les policiers d’un bris de couvre-feu.

Les tribunaux ontariens permettent régulièrement l’usage de tels bracelets pour les accusés en liberté sous conditions.  Mais la chose n’est pas coutume au Québec, note le juge Richard Grenier, en rejetant l’idée.

Le juge choisit plutôt de «donner de la corde» — selon son expression — à Turbide-Labbé et de lui permettre d’aller travailler seul sur les chantiers, même en présence de gens criminalisés. «Le travail, c’est la réhabilitation, alors je suis prêt à vous accommoder pour travailler», assure le juge.