Toute cette histoire a commencé lundi alors que la fillette a été transportée d’urgence à l’hôpital, où elle est décédée le lendemain. Les circonstances exactes entourant sa mort n’ont pas été dévoilées, mais des images relayées par des proches la montrent très amaigrie. Elle aurait été ligotée et bâillonnée dans les heures précédant son transport en ambulance.

Mort d’une fillette à Granby: pas de nouvelles accusations pour l'instant

Aucune nouvelle accusation n’a été déposée, jeudi, contre le couple soupçonné d’avoir causé la mort d’une fillette de sept ans à Granby.

L’homme de 30 ans et la femme de 35 ans, qui sont le père et la belle-mère de la victime, ont brièvement comparu devant le juge Serge Champoux de la Cour du Québec. 

Leur dossier a été remis au 23 mai, date à laquelle une enquête sur remise en liberté pourrait être fixée. Ils sont donc toujours accusés de séquestration et, dans le cas de la femme, d’une accusation supplémentaire de voies de fait graves.

Porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Jean-Pascal Boucher a expliqué que la poursuite attend d’obtenir davantage d’éléments de preuve avant de se prononcer sur de nouveaux chefs d’accusation. Ceux-ci pourraient être de négligence criminelle causant la mort, d’homicide involontaire ou encore de meurtre.

«On doit prendre le temps de bien analyser le dossier au complet avant de décider de la suite des choses», a dit Me Boucher aux nombreux journalistes et curieux présents au palais de justice de Granby.

«Les causes et les circonstances du décès devront être déterminées. Pour l’instant, toutes les informations sont analysées en lien avec la trame factuelle.»

«On doit prendre le temps de bien analyser le dossier complet avant de décider de la suite des choses», a expliqué dit Me Jean-Pascal Boucher, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

«Cause triste»

Il a rappelé que policiers et procureurs travaillent «consciencieusement» sur cette «cause triste» afin de réunir tous les éléments de preuve, notamment les expertises médicales et policières.

«On va laisser les autorités faire leur enquête et nous déciderons si de nouvelles accusations doivent être portées», a ajouté Me Boucher lors d’une entrevue en anglais. «La mort [de la fillette] a des conséquences et ça sera considéré. Dans l’intervalle, les accusés restent détenus.»

Me Boucher ne s’est pas avancé sur la possibilité que les autres enfants du couple aient aussi pu être victimes de sévices.

Questionné sur les antécédents judiciaires de la belle-mère de la victime, qui a obtenu une absolution inconditionnelle en 2018 pour avoir été violente avec la fillette, Me Boucher a souligné qu’il s’agissait d’une sentence juste en regard des circonstances connues à ce moment-là.

«C’était une peine raisonnable considérant la trame factuelle de l’époque», dit-il. Il a rappelé que la femme n’avait alors aucun antécédent judiciaire et qu’elle obtenait du soutien d’organismes communautaires tels que les Alcooliques anonymes. «Il y avait reprise en main», a-t-il indiqué.

Puisque le décès de la fillette est survenu après la première comparution du père et de la belle-mère, mardi, qu’arrive-t-il de l’interdiction de les identifier? L’ordonnance est maintenue puisqu’elle vise aussi à protéger d’autres témoins dans cette affaire, a dit Me Boucher sans mentionner explicitement les autres enfants du couple.

Sinon «ça pourrait nuire au processus judiciaire», a-t-il laissé tomber. 

Non-publication

Le DPCP a aussi profité de l’occasion pour rappeler au public que l’ordonnance de non-publication émise par le tribunal ne vise pas que les médias, mais aussi les citoyens.

Les événements des derniers jours ont démontré la portée limitée d’une telle ordonnance puisque les noms et des photos du couple et de la fillette ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux.

Me Jean-Pascal Boucher a rappelé qu’en théorie «des accusations pourraient être portées» contre tous ceux qui enfreignent une ordonnance de la cour.

Le juge Serge Champoux a aussi enjoint les accusés à ne pas communiquer entre eux ou avec leurs enfants, qui ont été pris en charge.

Le père pourrait être représenté par Me Martin Latour, qui n’était pas présent jeudi, tandis que Me Rachel Mineau-Bernatchez, du bureau d’aide juridique de Granby, défend la femme. Me Mineau-Bernatchez n’a pas émis de commentaire à sa sortie de la salle d’audience, jeudi.

Morte à l’hôpital

Toute cette histoire a commencé lundi alors que la fillette a été transportée d’urgence à l’hôpital, où elle est décédée le lendemain. Les circonstances exactes entourant sa mort n’ont pas été dévoilées, mais des images relayées par des proches la montrent très amaigrie. Elle aurait été ligotée et bâillonnée dans les heures précédant son transport en ambulance.

Divers témoignages ont été recueillis à l’effet qu’elle avait tenté de fuir le domicile familial dans la nuit de dimanche à lundi. Elle aurait aussi fait plusieurs autres fugues et aurait déjà été vue fouillant dans les poubelles pour y trouver de la nourriture. La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) aurait cessé de superviser la famille.

Le Tribunal de la jeunesse avait accepté de donner la garde complète de l’enfant au père, l’an dernier, tout en soulignant que le couple avait «besoin d’être outillé» pour intervenir auprès d’elle. Le père, qui pourrait souffrir de troubles mentaux et de consommation, avait des antécédents criminels de vol, de fabrication de fausse preuve en cour et de bris de condition. 

Jusqu’à l’âge de trois ans, la fillette a été sous la garde de ses grands-parents.