Monastère des Ursulines: religion nouvelle vague [VIDÉO]

Il a beaucoup été question du patrimoine bâti de la communauté des Ursulines dans la foulée de leur déménagement, à l’automne dernier. Mais une fois les lieux vidés de ses 48 religieuses, que reste-t-il de leur héritage?

Andréanne, médiatrice culturelle au Pôle culturel du Monastère des Ursulines, dirige les visiteurs vers la Chapelle des Ursulines. Elle y raconte, entre autres, la cérémonie de vêture marquant l’adieu au monde de la postulante et son entrée au noviciat. Sœurs Saint-Laurent, Sainte-Alice, Marie-de-la-Nativité : lors de l’entrée dans l’avant-chœur de la Chapelle, la future novice reçoit son nom religieux.

En début de cérémonie, elles portent une robe de mariée avec un voile, un diadème, et des bijoux, «parce qu’on se mariait à Dieu», laisse tomber une sœur présente jeudi, qui a vécu un pareil rituel. Elle juge la reconstitution fidèle à la réalité. 

Malgré les différentes classes sociales des postulantes qui déterminent l’opulence de leur voile ou la broderie sur leur robe blanche, elles seront toutes sous l’anonymat du même costume une fois le rituel achevé.

Cette visite s’inscrit dans l’un des quatre Parcours Coups de cœur offerts tout l’été à la Chapelle, entre les tableaux du 17e et 18e siècle sauvés de la Révolution française ou le Maître-autel orné de feuilles d’or par les Ursulines elles-mêmes. Autant de médiateurs que de circuits, donc.

L’idée, selon Sophie Limoges, directrice générale de l’organisme, est d’assurer la pérennité du legs de la communauté, qui, rappelle-t-elle, va bien au-delà de la religion.

Une première programmation

Le Pôle culturel du Monastère des Ursulines lançait jeudi sa première programmation saisonnière depuis sa création, en janvier 2017. L’idée, selon Sophie Limoges, directrice générale de l’organisme, est d’assurer la pérennité du legs de la communauté, qui, rappelle-t-elle, va bien au-delà de la religion. 

«La spiritualité a été au cœur de la mission des Ursulines, mais elles ont toujours accordé une grande importance à la culture, fait valoir Mme Limoges. Elles enseignaient la broderie, les arts visuels, la musique et les sciences, déjà, au 19e siècle, alors que les sciences n’étaient pas très valorisées pour les filles. Elles ont été avant-gardistes et visionnaires dans leur approche.» 

À travers des rencontres, des expositions, des activités culturelles interactives et des événements musicaux à l’intérieur de la Chapelle, le Pôle culturel souhaite valoriser l’histoire de la communauté fondatrice de la Nouvelle-France. «Elles ont joué un rôle essentiel dans l’éducation à travers près de 400 ans, ajoute Mme Limoges. Elles ont aidé les jeunes filles à s’émanciper.» 

Parmi les défis du Pôle culturel du Monastère des Ursulines : renouveler le public et l’image de marque du patrimoine religieux des Ursulines. Pour y arriver, l’organisme a misé sur les jeunes et les familles. «Les religieuses ont toujours été très près des enfants, indique Mme Limoges. Il est naturel qu’ils fréquentent l’intérieur des murs du Monastère, de la Chapelle et du musée.» 

Et comment rendre le travail des Ursulines attrayant pour les nouvelles générations? «Grâce aux outils pédagogiques qu’elles utilisaient pour leur enseignement, aux oeuvres d’art de leur collection, aux instruments de musique et objets du quotidien, évoque Mme Limoges. On essaie d’être novateur dans nos approches par des activités qui font vivre des expériences», comme le Monastère 3D. 

Visite virtuelle du «plus grand trésor d’architecture conventuel en Amérique du Nord», rappelle Jean-François Gauvin, professeur adjoint au département des sciences historiques de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de leadership en enseignement en muséologie et mise en public, le projet du Monastère 3D a débuté en 2011, en collaboration avec le laboratoire de muséologie et d’ingénierie de la culture (LAMIC). 

Dans une série de vidéos «à la YouTube» ou une déambulation à travers le Monastère, le visiteur pourra découvrir le corridor de pierre de 1712, l’escalier Saint-Augustin ou le grenier aux coffres, avec un accent particulier sur la captation sonore. 

Le 30 juin, la Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec (CPTRQ) fermera ses livres. Sophie Limoges y voit un manque d’intérêt des organismes subventionnaires. «On sait à quel point la Capitale-

Nationale regorge de trésors au niveau du patrimoine religieux. Il doit y avoir une prise de conscience de la population quant au patrimoine fondateur, que l’on soit croyant ou pas», dit-elle. 

Le Pôle culturel du Monastère des Ursulines vient d’obtenir le statut d’institution muséale agréée. Grâce à l’entente de développement culturelle entre la Ville de Québec et le ministère de la Culture et des Communications, l’institution a obtenu 15 000$ du programme d’aide au patrimoine religieux et 17 000$ pour la réalisation d’une nouvelle exposition temporaire consacrée aux jeunes et aux familles, à l’automne prochain.