Le projet de loi 40, dénoncé lundi, prévoit la disparition des commissions scolaires.

Mobilisation contre le projet de loi 40: les enseignants lèvent le ton [VIDÉO]

Quelque 150 enseignants opposés au projet de loi 40 ont exprimé leur grogne lundi devant les membres et députés régionaux de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui se réunissaient en fin de journée au resto/bar La Drave à Gatineau pour leur cocktail du début de la nouvelle année.

« La Loi 40, on n’en veut pas », ont notamment scandé les enseignants membres du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais (SEO) lors de leur manifestation.

Le projet de loi 40 déposé à l’Assemblée nationale le 1er octobre dernier prévoit notamment le remplacement des commissions scolaires par une nouvelle structure, mais il contient aussi des mesures qui déplaisent aux enseignants, comme un processus de révision des notes des élèves par un directeur d’école, article qui a été amendé pour que ce soit un autre enseignant, et non un directeur d’école, qui puisse trancher en cas de litige.

« Le ministre de l’Éducation (Jean-François Roberge) ne propose aucune solution pour reconnaître l’autonomie professionnelle des profs, il nie leur expertise parce qu’il va s’immiscer dans les résultats scolaires que les profs vont donner à leurs élèves, jeunes et adultes », a notamment expliqué la présidente du SEO, Suzanne Tremblay, précisant que « l’évaluation est du domaine exclusif du prof à qui on confie l’élève ».

L’imposition de 30 heures de perfectionnement sur deux ans est aussi dénoncée par les enseignants, une exigence non négociée dans les conventions collectives, fait-on valoir.

« Le ministre Roberge agit et ne considère pas les tables de négociation, là où on se doit de parler du perfectionnement. Ce qu’il fait, clairement, est de décréter nos conditions de travail », a précisé Mme Tremblay, qualifiant ce geste d’« inadmissible ».

Le projet de loi est toujours à l’étude en commission parlementaire, et d’autres amendements pourraient être apportés. Le projet de loi 40 comporte 312 articles et touche 79 lois, rappelle le SEO.

Les manifestants espèrent que les trois députés régionaux de la CAQ, Mathieu Lévesque (Chapleau), Robert Bussière (Gatineau) et Mathieu Lacombe (Papineau) transmettront leurs messages au ministre Roberge.

« Le projet de loi 40 est toujours à l’étude, les négociations vont commencer et je vous incite à continuer », a suggéré le ministre responsable de l’Outaouais et ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, à Mme Tremblay lors de son arrivée à l’événement politique.

Les manifestants espèrent que les trois députés régionaux de la CAQ transmettront leurs messages au ministre Roberge.

« M. Roberge vous respecte beaucoup. Lui-même est enseignant, donc je ne suis pas stressé avec ça. Je vous invite à poursuivre la discussion, et je suis certain qu’on va en arriver à un bon compromis parce qu’on vous aime bien les profs. On a besoin de vous », a continué le ministre Lacombe.

« Nous sommes ici pour écouter. Les gens nous ont fait part de leurs préoccupations. Ça nous fera plaisir de pouvoir parler avec le ministre de l’Éducation sur ces enjeux et plein d’autres enjeux », a indiqué de son côté le député Lévesque à l’intérieur du resto/bar.

« Le ministre de l’Éducation introduit plusieurs amendements qui avaient été demandés en commission parlementaire par plusieurs groupes qui étaient venus. Ça devrait répondre à de nombreux questionnements et à de nombreuses préoccupations qui sont exprimées aujourd’hui. Il faut laisser l’étude du projet de loi suivre son cours article par article, et il y aura aussi des amendements proposés par le ministre de l’Éducation », a ajouté M. Lévesque.

Le SEO réclame toutefois le retrait du projet de loi 40, pour « prendre le temps de réfléchir, de repenser à la situation, mais surtout d’écouter les profs ».