Plusieurs personnes, dont des amies très proches d’Ophélie Martin-Cyr, ont tenu à être présentes pour l’arrivée des suspects et leur comparution.

Meurtre d'Ophélie Martin-Cyr: pluie d'injures pour les accusés

TROIS-RIVIÈRES — «Pourris!» «Chiens sales!» «Trous de cul!» C’est sous une pluie d’injures que les deux présumés meurtriers de la jeune Ophélie Martin-Cyr, 19 ans, dont le corps a été retrouvé mercredi matin dans un champ de Yamachiche, ont été accueillis au palais de justice de Trois-Rivières en fin de journée vendredi. Des comparutions qui se sont déroulées sous haute tension, alors que de nombreux proches de la jeune victime ainsi que des proches des suspects étaient sur place pour assister aux procédures judiciaires.

Plus d’une quarantaine de personnes, dont le père de la jeune victime, des membres de sa famille ainsi que ses amies très proches, ont assisté à la comparution. À l’extérieur, plus d’une trentaine de personnes ont attendu plusieurs heures l’arrivée des deux accusés, espérant pouvoir les voir et leur faire entendre leur façon de penser. 

La tension était d’ailleurs à ce point palpable qu’une dizaine de policiers ont été appelés en renfort par les constables spéciaux afin d’assurer la sécurité sur place lors de l’arrivée des prévenus. Finalement, craignant sans doute des débordements, les deux accusés n’ont pas fait leur entrée à pied dans le palais de justice, et ont plutôt été emmenés en véhicule dans le garage.

Francis Martel a été le premier à comparaître, une comparution extrêmement brève durant laquelle le juge Jacques Trudel a ordonné la détention de l’individu pour les procédures judiciaires, étant donné la nature des accusations. Les traits tirés et le visage enflé, Martel a jeté un bref coup d’œil dans la salle et a fait mine de saluer une personne, possiblement un proche venu pour le soutenir. 

René Kègle, pour sa part, est demeuré plus longtemps dans le box des accusés, alors que son avocate tardait à arriver dans la salle. Durant ces longues secondes d’attente, un lourd silence régnait, pendant que l’accusé a balayé très lentement du regard l’ensemble de la salle. Les proches de la jeune victime n’ont, pour leur part, pas détourné leur regard de l’individu, certains laissant échapper des larmes et des sanglots.

À la sortie de la salle d’audience, les proches de la jeune victime ont préféré ne pas s’adresser aux médias.

Plusieurs proches de la jeune victime attendaient les suspects à leur arrivée au palais de justice, et n'ont pas hésité à leur crier des injures.

Craintes

Difficile encore d’établir clairement le fil des événements ou même les raisons qui ont mené les deux hommes à enlever la vie de la jeune femme de 19 ans, mais plusieurs sources indiquent qu’elle connaissait René Kègle et qu’elle avait déjà manifesté son intention de ne plus lui adresser la parole car elle le craignait.

«Elle ne l’aurait jamais suivi de son plein gré, ça j’en suis convaincue», a lancé sa très bonne amie, Kary-Ann Brochu. Cette dernière souligne également qu’Ophélie avait un grand cœur et souhaitait toujours aider les autres, mais que sa générosité lui aura sans doute joué de mauvais tours en l’amenant vers de mauvaises fréquentations.

D’autres sources établissent qu’un vol serait survenu chez l’un des deux suspects, et qu’en tentant d’élucider le vol, ils auraient voulu obtenir de l’information de la part des deux jeunes filles, qui auraient pu connaître une personne que les deux hommes suspectaient du vol en question. 

L’enquête de la Sûreté du Québec dans ce dossier se poursuit et des éléments de preuves pourront être communiqués aux avocats de la défense lors du retour en cour des deux individus, le 23 novembre prochain. C’est d’ailleurs sans aucun doute au cours du déroulement des procédures judiciaires qu’on pourra davantage comprendre le fil des événements qui a mené à ce drame qui s’est joué tôt, mercredi matin.

Une dizaine de policiers de Trois-Rivières ont été appelés en renfort pour assurer la sécurité sur place, en raison du très grand nombre de personnes venues pour assister à la comparution.

Sociofinancement

Une campagne de sociofinancement a été lancée, vendredi, sur le site GoFundMe.com, afin de soutenir le père d’Ophélie Martin-Cyr dans l’épreuve qu’il traverse. «Comme vous le savez tous, Mario (Méo) a vécu l’une des pires épreuves qu’un parent puisse vivre, soit celle de perdre un enfant. J’aimerais que nous puissions tous s’unir afin de lui exprimer notre soutien et lui apporter le support financier dont il a besoin pour l’aider à traverser cette terrible tragédie», a inscrit l’instigateur de la campagne «Fonds Ophélie et Mario», qui avait amassé tout près de 5000 $ au moment de mettre sous presse.

Le Collège Ellis en deuil

De son côté, le Collège Ellis de Trois-Rivières, où étudiait la jeune victime ainsi que l’autre jeune femme qui l’accompagnait, a mis un service d’aide et de soutien psychologique à la disposition des étudiants et du personnel qui pourraient ressentir le besoin de parler de ces événements. 

«Ophélie était une étudiante dynamique et appréciée de tous ses compagnons et du personnel. Nous sommes tous vraiment bouleversés de ce qui s’est produit et nous voulons offrir nos plus sincères condoléances à la famille d’Ophélie», ajoute Chantal Poulin, coordonnatrice du programme de Techniques juridiques, programme dans lequel étudiait Ophélie Martin-Cyr depuis cette année.